Pilote de chasse: un métier, une passion

Les présentes pages ont pour but de faire partager ma passion pour l'aviation et de présenter mes livres.

Serval...hélicos

Publié le 6 Avril 2013 par Richard FEESER in Mali

DSC01276.jpgLes opérations au Mali soulignent, une fois de plus, la grande vulnérabilité des hélicoptères d’attaque obligés de traverser le « mur de fer » créé au ras du sol par toute la mitraille défensive, y compris celle générée par les tireurs instinctifs servant les plus petits calibres. Tigre HAP et à fortiori Gazelle, beaucoup moins bien protégée, ont payé très cher les dernières batailles de Serval, puisque plusieurs hélicos ont été gravement endommagés et qu’un pilote a été malheureusement tué.

A ce jour le lourd bilan est de 2 Caracal perdus ou très endommagés, 1 Gazelle perdue, plusieurs Tigre endommagés, à cela s'ajoute trois Puma et un Tigre predus dans une tempête.

Sans remettre en cause l’utilité des hélicos armés, et saluant le courage des équipages, il semble qu’on ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion en profondeur sur l’emploi de ces engins pensées initialement pour détruire les chars du pacte de Varsovie, et détournés vers d’autres missions. J’avais déjà traité cette question redevenue d’actualité de façon beaucoup plus globale ici :

Chasseurs et Hélicoptères armés

 

Les dernières reconnaissances en hélico Gazelle ont failli mal se terminer au mois de février 2014 du côté de Tessalit puisqu'un pilote a été touché à la main par un  tir d'arme légère...

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C
<br /> Vous avez tout à fait raison.<br /> D’autant qu’il s’agissait ici d’un conflit de basse intensité, ou nous avions la totale maitrise, contre des “troupes” sans aucun armement lourd.<br /> <br /> <br /> Il semble, en effet, qu’on est fait l’économie totale (c’est bien la seule) d’une réflexion en profondeur sur ce système et en particulier sur son application dans le contexte actuel d’emplois de<br /> nos forces armées.<br /> <br /> <br /> Le Tigre, ainsi que les hélico dit d’attaque en général sont des concept issu de la guerre froide, ou il s’agissait essentiellement de porter un coup de poing d’arrêt, anti-char, à une percée<br /> soviétique et cela quelque soit les pertes, que l’on prévoyait plus qu’importantes (1 hélico sur 2 à chaque passage).<br /> <br /> <br /> Aujourd’hui ce concept est presque totalement dépassé : trop cher pour faire simplement de la contre-guérilla, trop fragile pour faire réellement de l’appui rapproché, en conditions un tant<br /> soient peu “tendues”, c’est à dire avec la moindre défense anti-aérienne un minimum organisée, voire avec simplement quelque missile antiaérien portable (N’oublions pas les bataillons<br /> d’hélicoptères Apaches qui sont restés totalement cloués au sol, de peur de pertes trop conséquentes au Kosovo par exemple).<br /> <br /> <br /> D’autant qu’il existe de vrais appareils conçu pour faire véritablement de l’appui rapproché des troupes au sol, beaucoup moins coûteux (peut être aussi pour ça que …) que les actuels 55 millions<br /> d’euros de prix unitaire du Tigre HAD (52 millions pour l’HAP) et leur 25 000 euros de l’heure de vol, ceci sans compter les réparations et réfections dues au tir d’armes légères comme ici au<br /> Mali. Ni les 3 milliards de R&D, de la part française uniquement, à amortir (plus de 30 millions d’euros, en plus, sur chacun des 80 Tigres prévus).<br /> <br /> <br /> Ceci bien qu’un hélicoptère armé, adapté garde néanmoins une certaine utilité dans la reconnaissance armée uniquement et l’accompagnement-protection de raid héliportés (un HC 4 tonnes armé<br /> remplaçant en un seul appareil plusieurs type de gazelles, véritablement à bout de souffle, aurait été pour l’essentiel suffisant et l’est toujours, si ce n’est de plus en plus, pour équiper nos<br /> force en nombre approprié).<br /> Mais à par ça, vouloir en faire le moyen privilégié pour faire du CAS est pour le moins une façon assez luxueuse de faire la guerre, surtout avec des budgets de plus en plus contrits comme<br /> aujourd’hui et surtout particulièrement inappropriée (on a pas les budgets américains pour pouvoir se payer de tels gadgets) et pendant qu’il y a tant de besoins et de capacités par ailleurs en<br /> pleine voie de paupérisation, voire d’abandon, dans nos armées, qu’on se permette de telles dépenses aussi somptuaires que peu pertinentes.<br /> Toujours la même chose, un peu, de cohérence et de pragmatisme dans nos armées serait amplement bien venu.<br />
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