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La comparaison entre l’hélico armé, comme le Tigre de l’Aviation légère de l’armée de terre (photo ci-dessus), et  un avion de chasse revient régulièrement sur la table. Pourtant, beaucoup les différencie, le rayon d'action, la vitesse de vol, la capacité d'emport, la permanence sur zone et la vulnérabilité, pour une égale précision de tir grâce aux armements modulaires développés actuellement, guidés par GPS ou laser.

Certes, la puissance de feu des hélicoptères d’appui modernes est comparable, voir supérieure, à celle des avions aux missions semblables ou proches comme le Pucara ou le Bronco, à la rigueur le A-10, mais la comparaison doit s’arrêter là. Les opérations actuelles nous le rappellent, comme en Afghanistan où l'appui feu des troupes au sol se fait par l'intermédiaire de chasseurs Rafale et Mirage2000D (et autres alliés...), lors de vols qui durent entre quatre et six heures. L'avion frappe à la demande des troupes (occupant un terrain, progressant le long d'une route...) en utilisant un armement tiré à distance de sécurité (hors de la menace sol-air), sans voir réellement la cible, par bombes guidées laser ou AASM (guidage GPS). La réactivité est obtenue grâce à la présence de ces avions en alerte en vol, souvent aidés par les officiers de guidage au sol pour une meilleure désignation des cibles et des positions amis.

Dans ce cas, l'hélicoptère ne peut pas rivaliser avec le chasseur. Hélicos armés et Chasseurs ne travaillent pas à la même échelle.

On peut dire, sans crime de lèse majesté, que le Tigre HAP (Hélico anti-personnel), est une arme de proximité et d'appui à faible autonomie et de plaine (fortes limitations en altitudes), comme le serait une batterie légère, extrêmement mobile, placée aux ordres du bataillon qu'il soutient, pour une contribution rapide et urgente. C’était le cas pendant les guerres d'Algérie et du Viet-Nam, quand la cavalerie légère utilisait les hélicos avec succès, au ras du sol (Algérie) ou plus en hauteur (Vietnam) pour mitrailler l'adversaire, et où le problème de l’organisation du commandement des moyens aériens se posait déjà. On était là, comme en Afghanistan, dans un contexte de guérilla où l’on disposait de la supériorité aérienne.

 

Les choses se présentent autrement sur des théâtres plus complexes à forte densité de menace (sol-air et air-air) et où les moyens d’alerte, d’information et de suivi évolués permettent une connaissance fine et actualisée du champ de bataille et de l’espace aérien lié. Un moyen comme le J-STARS (équivalent des AWACS mais concentrés sur les opérations au sol) et des techniques comme la Liaison 16, permettent cette globalisation et donnent aux PC de forces une réelle capacité d’anticipation, intégrant en particulier les besoins d'appui des troupes engagées. Les concentrations de troupes ennemis et les points de blocage identifiés, les ordres peuvent être donnés avant même que l'élément au sol soit au contact. Dans ces conditions d’évaluation parfaite et permanente de la menace, le commandement des hélicos de combat est intégré à celui des autres unités aériennes (chasse, ravitailleurs, transport…) pour une gestion en commun. Le PC interarmées juge du meilleur moyen pour traiter la menace, hélico ou chasseur, suivant l'importance de la cible et l'évaluation des risques. Outre les moyens de contrôle de protection et de guidage ainsi offerts, ceci permet une meilleure synergie et surtout une identification évitant toute méprise pouvant conduire à un tir fratricide. Les hélicoptères d'attaque  Black Hawk américains, non intégrés à l’ATO (planification aérienne journalière) au Kosovo, en ont fait la douloureuse expérience.

 

Pour ce qui concerne les hélicoptères du type "search and rescue" (recherche et sauvetage, récupération de pilotes éjectés…) qui interviennent dans la profondeur du champ de bataille, guidés par un Awacs et protégés en altitude par une patrouille de chasseurs, et souvent ravitaillés en vol par un tanker, ils sont toujours intégrés dans une planification aérienne globale interarmées avec les autre aéronefs.

 

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