†Cne François Raith « le kek », Cdt escadrille au 2/33 Savoie (Strasbourg) sur Mirage III R, accidenté en voltige verticale la piste de Strasbourg Entzheim. Mon commandant d’escadrille…1973

 

Je me rappelle cette journée terrible où je l’accompagnais sur le parking, jusqu’aux pieds du Mirage III-R qu’il devait présenter en vol, et sur lequel il allait enchaîner une série de voltige, à la verticale du terrain de Strasbourg Entzheim. La veille nous avions volé ensemble, en patrouille, jusqu’aux îles Helgoland, au nord de l’Allemagne, et fait demi-tour à cause du sale temps, sans pouvoir prendre la moindre photo (nous étions dans la Reconnaissance). Nous profitions de ces quelques pas, côte à côte, pour finir d’en parler ensemble.

« Bon, allez, à tout à l’heure ! » furent pour moi ses derniers mots, un funeste 26 mai 1973. Quelques minutes plus tard, le crash brutal de son appareil, au bas d’une boucle mal emmanchée, l’envoyait au paradis des pilotes, et nous tous en enfer. Il avait perdu la vie et nous un frère.

  De François, il reste une petite stèle, dans la campagne alsacienne, proche du lieu du crash, des orphelins et une famille éplorée, et le souvenir douloureux d’un sourire trop vite éteint.

Vingt ans plus tard, j’eus l’occasion de croiser l’un de ses fils sur la base aérienne où il faisait son service militaire ; comme il lui ressemblait !

Il me demanda de lui raconter ce père qu’il avait si peu connu, car très jeune lors de sa disparition tragique. Je répondis à son attente, dans la salle de repos d’un escadron de chasse où pas une mouche ne volait. La gorge serrée d’émotion, je fis revivre le rayonnant et cher disparu sous le regard attentif de son fils au visage noyé de larmes. Je décrivis longuement le champion de natation, le sharp-shooter au revolver Smith-and-Wesson, l’épéiste vif comme l’éclair, le pilote enthousiaste, le charmeur, et surtout le bon garçon au cœur généreux. C’était mon aîné de cinq ans. Il avait 31 ans le jour de sa mort, et demeure pour moi un exemple.

Je garde de lui une photo jaunie en noir et blanc. Il y est tout sourire, très à l’aise dans sa combinaison de vol « cabine étroite » ; pendu souplement à la pointe avant d’un Mirage, il semble nous dire : « salut les gars, c’est bien moi le super kek !»


†Cne Alain Robert, Cdt escadrille au 2/33 Savoie (Strasbourg), Mirage III R, en reconnaissance solo en RFA le 31/10/1973.

  Commandant d'escadrille avec François Raith- je perdais mes deux chefs en moins d'un an... 

†LTT Robert Jacquel, chef de patrouille 11e escadre de chasse, , EC 3/11, Jaguar au Tchad (ancien du 2/33 Savoie) 8/8/78.

Il faisait partie de la joyeuse bande du 2/33 des années 72, 73, sous la férule du Cdt Delannée qui se crachera en finale à Metz en 75, suite à la panne moteur de son Mirage III R et s'en tirera d'extrême justesse, gravement blessé...

†LCL Jean Pierre Testaud (de ma promo 1968 de l'École de l’air- nous étions jeunes pilotes au 2/33 et partagions beaucoup, depuis nos études au Prytanée de La Flèche), Cdt en second de la 33e escadre de reconnaissance (Strasbourg), Mirage III-R, collision en vol, à Laneuville aux bois, le 16/4/85

 

SGC Marc Rodier, Mirage IIIRD, pilote opérationnel au 3/33 Moselle (Strasbourg), en passe de tir air-sol, au champ de tir d’Épagny près de Dijon (fermé), le 29 novembre 1976

†SLT Jacques Sabatié, sous chef de patrouille au 3/33 Moselle (Strasbourg), Fouga. Crash du 23 septembre 1974 en Bavière sur Fouga Magister CM 170 N°33 F-UIXE près de Guggenhausen (RFA) (Slt SABATIE et Sgt GUETTE).
 

Un gars sympa que j'avais connu auparavant à Nancy au 1/7 sur Mystère IV(j'y encadrais un centre d'instruction comme jeune SLT)

†Cne Claude Saissy, Sous chef de patrouille au 3/33 Moselle (Strasbourg), en Très Basse Altitude dans le Massif central, près d'Orcival, le 3/3/78 en Mirage III-RD.
J'ai signé son ordre de vol ce funeste jour. Claude avait déjà dû s'éjecter en RFA quelques temps avant après avoir touché le sol par très mauvaises conditions MTO, en compagnie de Jean Pierre Testaud, leader de la patrouille de deux avions monoplaces qui était rentré penaud à Strasbourg...

†Lieutenant Colonel Jean Jacques Batt « Gros Marcel », Mirage III R (ancien du 3/33), chef opérations de la 33eme escadre de reconnaissance (Strasbourg), en reconnaissance matinale des champs de manœuvre en Allemagne en 1983.
Il s'était illustré à Royal Flush comme l'un des meilleurs pilotes de recco de l'OTAN

 

 

†Cne Claude Guillemot, Cdt escadrille du 1/33 Belfort (Strasbourg), Mirage III R, en reconnaissance MTO sur la montagne Corse pendant DATEX 1979.
J'avais dîné avec lui la veille chez la mère "casse bite" à Solenzara...

 Le Chef d'état-major de l'armée de l'air avait eu la mauvaise idée d'inaugurer en grande pompe une plaque de marbre, célébrant la 35 000ème heure de vol sans accident, du 1/33 « Belfort », une semaine avant le crash de Claude sur la montagne Corse, au cours d’un vol météo entre l’île et le continent. La plaque vola en éclats sous les coups furieux de la hache d’abordage (insigne de l’escadron 1/33).

 

  Il ne faut pas défier la chance !

 

†Cne Jean Rault « Tonton » chef ops sur Jaguar au 2/7 (ancien du 1/33 et Arpète), trahi par ses  moteurs... Gouailleur et protecteur grand frère.

Il m'avait accueilli avec humour à la 33 en m'accusant d'avoir syphoner du carburant dans une 4L militaire...

Cne Jean-Michel Demange, officier de renseignement (ancien du 2/33), décédé en SAC le 3/02/1982 dans l'accident d'un Nord 2501 sur le Mont GARBI, au Nord de Djibouti.

Vosgien moqueur qui avait un sens élevé de l'humour pour empêcher qu'on se la pète...

 

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