_Mali_djenne.jpgAprès le temps des armes arrivera forcément le temps de la reconstruction du Mali et d’une démocratie réconciliatrice où la question Touareg ne sera pas occultée. Cette question venue de très loin, aux nombreux et parfois sanglants soubresauts depuis le début du siècle dernier, n’a jamais pu être réglée, malgré les tentatives d’accord comme le prometteur « pacte national », signé en 1992 à Bamako, entre le gouvernement et le bureau de coordination des mouvements et fronts unifiés de I’Azaouad (et de nombreuses autres tentatives de médiation depuis). Il s’agit là de régler l’autonomie culturelle et sociale des Touaregs du Mali, de reconnaître un mode de vie en partie nomade, une organisation, des valeurs et des biens qui ont évolué dans la modernité et qui se heurtent toujours à une administration noire militaire, dont le désir de vengeance est proportionnel aux nombreux coups reçus. L’affaire n’est pas simple et a fait le nid des dernières tentatives islamistes qui avaient trouvé là un terrain extrêmement favorable pour se développer. Si certains chefs Touaregs se séparent franchement des salafistes d’Al Qaida Maghreb Islamiste (AQMI), alliés de circonstance pour faire avancer une cause, comme ça semble être le cas avec le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), il faudra les écouter, et se souvenir que nos forces ont très peu souffert de leurs actes. Malgré son passé colonial, qui l’a souvent opposé aux Touaregs, la France a un rôle d’intermédiaire capital à jouer dans ces négociations futures qui doivent avoir l’ampleur internationale qu’elles méritent et ne plus trop tarder à s’ouvrir.

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