rafale-serval-depuis-le-tchad.jpgEt maintenant Kidal !

 

L’engagement et la manœuvre de nos forces armées, depuis 17 jours au Mali, est un modèle du genre, où toute la palette des moyens et des modes d’action a donné le meilleur le long du fleuve Niger (reprise de Gao, Tombouctou...), soutenue par une logistique remarquable. Malgré les distances et l’élongation du théâtre, et pour palier à une réelle difficulté à parcourir les mauvaises pistes, on a même parachuté deux compagnies du 2eREP (régiment étranger parachutiste) décollées d’Abidjan, pour boucler le nord de Tombouctou, sous la surveillance des drones Harfang venu du Niger (...et de bien d'autres, couverture chasse, transport, hélicos, Atlantique, puisqu'un Awacs est venu coordonner l'ensemble de l'opération). Sûr que cet épisode « sous voile », qui ne s’était pas produit depuis Kolwezi en 1978 (déjà le 2eREP), démontre notre savoir-faire aéroterrestre, et ne manquera pas de raviver la louable et permanente émulation entre bérets verts et bérets rouges, ou entre Légion et Paras-Colos… Tandis que le bateau le plus récent de notre Marine (BPC Dixmude) débarque la suite de nos forces terrestres à Dakar, d’où elles prendront la route vers le Mali, nos avions de chasse, soutenus par des moyens de reconnaissance renforcés (arrivée des drones américains) et des ravitailleurs US, continuent leurs frappes sélectives au nord-est du pays où Kidal, dernier bastion djihadiste, reste à libérer. Il est probable que ces vols vont désormais se concentrer sur la surveillance et l’appui protection des troupes africaines (Tchadiens…) engagées au sol et de nos forces spéciales, en chasse des terroristes dans l’immensité sahariennes et les reliefs tortueux du Nord-est. En tout, 14 chasseurs opèrent désormais depuis N’Djamena et Bamako (6 rafale, 6 Mirage 2000D et 2 F1CR).

A l'heure actuelle plus de 3500 soldats français sont engagés (bientôt 4000) et d'autres africains qui cherchent des financements (réunion des donateurs pour la MISMA à Addis en Ethiopie ce jour...400 millions d 'euros?)... on a vraiment mis le paquet et ça va durer !


Remarque: Le parachutage n’est envisagé que quand le posé d’assaut, beaucoup moins risqué (et déjà utilisé à Sévaré et Gao), n’est pas possible, et c’était le cas à Tombouctou où la piste est en très mauvais état. Il permet par ailleurs une prise en force rapide qui s’affranchit des contraintes de parcours comme le mauvais état des pistes ou les véhicules porteurs, pas encore en nombre sur le théâtre et sans doute hypothéqués ailleurs du côté de Gao et de Kidal. L’adversité, heureusement absente cette fois, ne doit pas nous laisser penser que cette opération était sans risques et que c’était donc une manière de faire plaisir aux fanas para qui, c’est vrai, ne manquent pas dans nos armées. L’engagement d’un Awacs pour coordonner le flot aérien, avions de transport, couverture de la chasse, drones de surveillance…,montre aussi à quel point tous les paramètres, y compris la possible résistance ennemie, avaient été pris en compte pour sécuriser le largage, par ailleurs orienté par les éléments déjà au sol et appartenant aux forces spéciales, CPA10 etc…
Chapeau aux aviateurs pour cette belle manip qui prouve assurément que l’on doit toujours disposer d’unités parachutistes.

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