Chari-1.jpgAlors que les troupes (Tchad, Togo, Nigéria...) africaines débarquent à Bamako et qu’on vient de connaître  les premiers effets collatéraux de la guerre (prise d’otages sanglante sur un pole gazier à In Aménas, en Algérie) on entend les premières impatiences sur les résultats : qui gagne ? qui va gagner ? quelles suites pour ce conflit ?

Pour l'instant le rapport de force est clair. D’un côté environ 1200 Jihadistes armés et décidés, salafistes, opportunistes, aussi trafiquants d’armes et de drogues, aussi anciens militaires maliens raliés,  qui par la corruption ou la force ont obtenu des points d’appui au nord du Mali, objectifs de notre aviation ces derniers jours. De l’autre, notre armée structurée et aguerrie, moderne et équipée,  soutenue par le concert des Nations et la grande majorité des Maliens, et dont les effectifs combattant au sol devraient rapidement passer les 3000 hommes. Assez logiquement le rapport de force devrait tourner à notre avantage pour bloquer les velléités jihadistes.  

Pas besoin d’expliquer que les choses sont cette fois très différentes de l’Afghanistan ou de la Libye ou même de l’Irak où certains essaient de trouver des similitudes.  Pas besoin non plus de penser qu'une fois le feu éteint les affaires se règlerons à la vitesse de la lumière, puisque ce qui se dessine de plus en plus est extrêmement flou et délicat pour ce qui concerne la refondation d’un État malien, et le rôle que vont devoir jouer les armées africaines pour geler la crise et aider à cette reconstruction. Le naturel malien supportera mal et pas longtemps la présence de troupes étrangères sur son sol, venues de pays voisins avec lesquels tout n'a pas toujours été facile.

De leur côté les terroristes n'ont pas forcément intérêt à une guerre longue et jusqu'au boutiste qui casserait leur commerce en montrant leur vraie nature, bien loin des idéaux qu'ils prétendent défendre. On sait à quel point l'immensité des territoires qu'ils parcourent de la Mauritanie au Niger, en passant par le sud de l'Algérie, leur laisse la possibilité de quitter le Mali pour se rétablir ailleurs, et pourquoi pas au nord du Nigéria où prospère une certaine forme d'intégrisme? Leur intérêt, et peut-être leur projet, ne seraient-ils pas de se rediluer dans les immensités désertiques pour reprendre leur fructueux business, après avoir montré leur force? (ceci se confirmera par la suite avec l'avancée sans résistances de nos troupes, prenant successivement GAO, Tombouctou...)

Les problématiques sont aussi multiples pour gérer les réfugiés de plus en plus nombreux, occasionnés par ces combats, et qui passent d'un pays à l'autre, battant en brèche les égoïsmes nationaux. Et si les régions subsahariennes se découvraient une certaine solidarité dans la crise, avant que d'autres pays que le Mali ne soient éclaboussés? Même question pour les pays européens (plutôt frileux... peur de s'engager? des coûts? des pertes?) et plus largement pour tous ceux qui on été touchés directement ou indirectement par cette guerre, qui plus que jamais concerne la communauté internationale.  Dans l'affaire de la prise d'otages d'In Aménas, en Algérie, on a vu à quel points les expatriés venaient de nombreux pays (Japon, USA, Angleterre, France... 25 otages auraient été tués) qui désormais devront se sentir particulièrment concernés par tout ce qui se passe au Mali.

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