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Publié par Richard FEESER

Rafale marine2Centralisation du commandement au plus haut niveau, décentralisation de l’ouverture du feu jusqu’à l’exécutant, clarté des ordres de mission et des objectifs à atteindre, voilà bien ce qui préside à la belle coordination interalliée qui permet, quasiment de but en blanc, d’engager avec succès nos chasseurs dans des missions complexes à grande distance de leur base, au côté de nombreuses autres forces (US, GB…). Les armements précis pouvant être tirés à distance, les moyens de brouillage et de reconnaissance, d’écoute, de guerre électronique, ainsi que les moyens d’auto protection, de transmission moderne, facilitent la tâche et accroissent la sécurité, sans oublier l’expérience Afghane qui permet aux mêmes acteurs de déployer leur savoir-faire, cette fois contre le colonel Kadhafi. Même si notre part reste modeste, et que le commandement de l’opération semble assuré par un général américain du côté de Stuttgart, nous faisons là la démonstration d’une belle réactivité et d’une maîtrise aérienne totale dans tous les domaines de lutte. On note l’adoption de règles d’engagement permettant au chasseur de décider de l’ouverture du feu sur des objectifs d’opportunité clairement identifiés comme hostiles, un travail en patrouille mixte, ce qui se faisait déjà en Afghanistan mais pour d’autres raisons, une répartition des tâches et des zones, et l’arrivée « on time on target » de toute l'Armée de l’air qui se félicite d’être très prochainement rejointe par l’Aéronavale depuis le porte-avions Charles de Gaulle qui file vers les côtes libyennes. Même si tout ceci a un coût, espérons que cette démonstration d'efficacité et de sérieux fera oublier l'addition aux contribuables qui ont rarement l'occasion de vérifier aussi aisément le bon usage de leurs impôts. 

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VR 21/03/2011 21:43



A l'issue de ces premières missions, les résultats militaires sont encourageants au regard de la mission confiée à la force aérienne.


Les missions d'interdiction menées par l'aviation française ont montré une efficacité sans précédent par rapport aux opérations du Kosovo en
1999, et surtout d'Irak en 1991. Les patrouilles de chasseurs-bombardiers combinant nacelle reco NG (Rafale), bombes autonomes A2SM (uniquement qualifiées sur Rafale) et bombes à guidage laser
GBU-12 sur Mirage 2000D avec nacelle d'acquisition et de désignation d'objectifs PDLCT, le tout sous escorte aérienne (Mirage 2000 avec MICA IR et radar), n'ont eu aucune difficulté à atteindre
et traiter leurs objectifs. Surtout, c'est bien la conduite info-centrée en réseau de ces missions qui tranche avec les pratiques passées. Quelques patrouilles seulement ont suffi à détecter,
acquérir et traiter des objectifs fugaces (un convoi de blindés lourds) sur une période espace-temps très réduite, tout en étant sans cesse reliés au commandement et au renseignement (station
d'interprétation image) par liaison de données haut débit chiffrées. Les bombardiers ont ainsi pu bénéficier en boucle courte de cibles d'opportunité confirmées, grâce à un accès partagé à la
même nacelle de reconnaissance capable d'assurer dans la foulée et à distance l'évaluation des bombardements. Aux résultats, un porte-char détruit avec 2 chars lourds, 2 T72, et plusieurs
obusiers automoteurs italiens, mais aussi un lanceur SA-8. Ce dernier système de défense sol-air mobile des forces terrestres, équipé de moyens d'acquisition et de conduite de tir autonome,
pouvait à lui-seul justifier le raid français, qui a tout de même pris des risques. La poursuite optique du SA-8 est résistante au brouillage électromagnétique. Le guidage au moins des GBU-12
(les bombes A2SM sont tirées de plus loin) qui asservit dans une certaine mesure l'avion à sa cible, aurait pu mettre les Mirage 2000D dans l'enveloppe de tir des SA-8.


Pour les missions strictement liées à la résolution 1973 du Conseil de Sécurité qui autorise la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne
pour protéger les populations, on peut également noter que les missions de supériorité aérienne ont bien dissuadé l'aviation de Kadhafi de prendre l'air, et n'ont pas permis le tir efficace de
défenses sol-air guidées par radar, notamment les redoutables S 200 (SA-5) d’environ 250km de portée déployés sur le littoral. On peut seulement regretter que la campagne d’interdiction aérienne
contre les bases (pistes, abris, radars, batteries SAM et centres de commandement régionaux et locaux) ait été laissée aux anglo-saxons avec leurs missiles de croisière et antiradars. Concernant
les missiles de croisière, c’est bien les fragments d’un Tomahawk qui sont exhibés dans la nuit du 20 mars par des partisans pro-Kadhafi autour de sa résidence fortifiée. L’emploi de ces armes
puissantes (1,3t, dont 450kg d’explosif) et coûteuses (environ ½ million d’euros l’unité) contre des cibles de commandement urbaines entraîne la coalition aux limites de son mandat, avec un
ciblage caractérisé du leader libyen et surtout des risques importants de dégâts collatéraux.


Dans ce contexte de grande autonomie tactico-opérationnelle de la France qui tranche avec les critiques passées sur son asservissement à des
moyens américains ou OTAN, nous sommes effectivement aux limites par rapport à notre rôle dans la coalition lorsque nous conduisons des attaques contre des convois armés ou des centres de
commandement; mais nous pourrions également revendiquer le rôle de nation-cadre pour lequel ces opérations montrent que nous sommes techniquement et opérationnellement qualifiés, quitte à
recentrer notre ciblage et nos missions sur des objectifs partagés avec l’ensemble de nos alliés et conformes à la résolution 1973.



Richard FEESER 22/03/2011 09:33



CErtes le rôle de Nation cadre pourrait nous revenir surtout si on en croit les apparentes réticenses américaines à rester le flagship de l'opération.Encore que le tasking des B2 et des cruise
missiles qui ont déjà fait une grosse partie du travail contre les bases aériennes et les sites anti aériens (OCA) ne sera jamais laissé à quiconque.


Comme vous je suis trés admiratif des résultats obtenus les premiers jours et je me pose moi aussi la question de la suite  puisqu'en toute théorie si Kadhafi arrête ses chars et ses
exactions, il ne nous restera plus qu'à surveiller le ciel dans de longues patrouilles CAP dont on sait qu'elles sont dévoreuses de potentiel aérien. Peut-être pourrait-on dans la certitude
qu'aucun avion ni hélico de Kadhafi ne puisse plus voler se contenter d'une posture d'alerte au sol ou plutôt en mer (porte-avions). Pour une fois notre cher pA CDG trouverait ainsi toute sa
place.