ONU.jpgUne résolution des Nations Unies votée hier au soir, 17 mars 2011, par 10 voix et 5 abstentions, permet désormais d’établir une zone d’exclusion aérienne sur le territoire libyen et d’empêcher par la force, si nécessaire, le colonel Kadhafi de massacrer son peuple soulevé depuis trois semaines contre sa dictature prédatrice et liberticide. Le combat de cette population courageuse, éprise de justice et de liberté, appelant au secours la communauté internationale, devait être soutenu. Ce sera la fierté de la France d’avoir proposé et fait aboutir cette résolution de la communauté des nations malgré une certaine tiédeur des pays européens, à l’exception du Royaume Uni. La pression internationale, désormais imposée par cette résolution au régime Libyen, aboutira très certainement à des frappes aériennes sur des objectifs ciblés et à l’interception des avions libyens autres qu’humanitaires, à moins que le dictateur négocie l’arrêt des combats et son départ définitif. La conduite de ces missions aériennes devrait associer notre Armée de l’air et la RAF ainsi que des moyens américains et arabes (Emirats, Qatar…), et peut-être d'autres moyens européens (Danemark...) et canadiens. Ne doutons pas que la phase de renseignement explorant tout le spectre de fréquences, préalable à tout engagement a commencé depuis longtemps et que les premiers objectifs et la répartition des frappes éventuelles sont déjà fixés entre les participants. Je persiste à penser que des moyens aéronavals auraient toute leur place dans cette coalition, au moins dans une phase de consolidation du dispositif de surveillance et de dissuasion initial et avant que les bases d’accueil et de soutien en méditerranéen soient définitivement fixées (convaincre les Italiens, Chypre...). Ne nous méprenons pas sur la difficulté de ces missions qui vont se heurter à une forte artillerie sol-air qu’il faudra rapidement neutraliser. Ne nous méprenons pas non plus sur l’objectif à atteindre et sur la difficulté qu’il y aura à distinguer clairement entre amis et ennemis sur un théâtre forcément confus et où la pression de nos forces pourrait conduire au retournement rapide d’un certain nombre de militaires jusqu’ici fidèles à Kadhafi. Ne nous méprenons pas enfin sur la brièveté de cet engagement qu’il faudra de toute manière installer dans la durée. Je sais à quel point nos aviateurs sont prêts à ce nouveau combat et combien ils ont en tête d’adapter leurs actions à une juste suffisance. Je leur souhaite bon courage et une réussite totale à la hauteur de nos aspirations à la paix.

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