Il semble acquis que l’OTAN conduise techniquement la coalition contre Kadhafi en mettant au clou les arrière-pensées et les réticences des uns et des autres, et en permettant une gestion globale et économique des moyens, grâce à une structure de commandement et de soutien bien rodée. Une structure de pilotage constitué par les pays occidentaux et arabes assurerait la direction politique des opérations.

Ceci aura néanmoins selon moi une double conséquence :

Agrandir artificiellement le cercle des participants, puisque tout membre de l’Otan finançant cette organisation pourra toujours se sentir directement ou indirectement concerné en fonction de sa contribution réelle à la manœuvre, et il pourra toujours lui être fait reproche d’avoir ou de ne pas avoir réagi ou agi (quid de l’Allemagne qui se trouvera entraînée malgré elle ?)

Poser la question des pays extérieurs à l’Otan non encore impliqués qui, du coup, ne se précipiteront pas pour aider au règlement de la crise.

L’histoire nous dira si cette décision, facilitant la manœuvre militaire au plan technique, et permettant aussi de diluer les responsabilités sur un plus grand nombre, ne sera pas lourde de conséquences politiques, alors que nos forces diminuent leur pression sur le terrain en ouvrant la voie à d’éventuelles négociations. « Toujours laisser une porte de sortie à son adversaire » figurait bien dans les grands principes de la guerre de Sun Zu. Les belligérants, face à face, libyens pro Kadhafi ou auto libérés de Benghazi et autrefois rebelles, que nous soutenons, feraient bien de se souvenir de cette maxime pour que ce réveil démocratique du Maghreb ne se transforme pas en un tragique bain de sang.

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