« Il ne faut pas vendre l’argenterie pour payer le boucher », disait Margaret Thatcher, en coupant néanmoins vigoureusement dans les budgets de la défense, avant de se lancer quelques mois plus tard à la reconquête des Malouines, « Falkland », se rappelant aussi que nécessité fait loi.

Sans nier que le troisième budget de l’État, après le paiement de la dette (ses intérêts seulement) et l’Éducation nationale (secteur protégé), devra subir en premier un certain rabotage budgétaire, la question de l’importance de cet effort doit encombrer l’esprit de nos dirigeants. Comment faire passer en douceur le budget de la Défense des 31,5 milliards actuels à 30 ? 29 ? 28 ? 27 ? 25 milliards hors pensions? Une solution très simple serait d'appliquer bêtement la réduction générale des autres chapitres budgétaires d'environ 5%, ce qui ferait passer à 30 milliards... 

Si on regarde la structure du budget militaire les effets les plus rapides peuvent être obtenus sur le Titre III qui concerne la vie des forces, même si c’est dans le Titre V concernant les équipements qu’on trouvera les plus grosses économies à long terme, le tout sans trop fermer nos casernes (retombés économiques régionales) ni nuire à notre industrie de Défense (emplois, export…) qui de toute façon n’arrêtera pas brutalement production et recherche.

Nous voici bien dans la quadrature d’un cercle non vertueux puisqu’il va occasionner quelques belles empoignades interarmées en dessinant rapidement, et dans le pire scénario, une armée de l’air très réduite (200 chasseurs y compris l’aéronavale), une Marine modeste sans groupe aéronaval, mais hauturière, et une force terrestre refondue (15 à 20000 hommes...) qui devra penser à former une importante réserve bien équipée pour soutenir si besoin des forces spéciales, pointe d’une flèche très acérée. Ce changement de format en perte de capacités, mais pas de savoir-faire, se ferait bien sûr sans trop toucher au socle nucléaire à une seule composante, notre véritable assurance vie.

Alors combien de sacrifices et pour qui ? La réponse très prochainement en scrutant le Livre Blanc entre les lignes et plus sûrement le vert du budget. 

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