Il y a bien longtemps qu’on ne dresse plus d’arc de triomphe pour célébrer la victoire et faire honneur aux vainqueurs  mais je trouve que le peu d’empressement que nous mettons à saluer notre récente victoire militaire en Libye, certes largement partagée, me hérisse le poil. Félicitations donc à nos Aviateurs, Terriens et Marins, pour ces multiples missions aériennes (20 000 heures de vol en 4500 sorties soit environ 30 sorties/jour pendant 5 mois. 25% des sorties de la coalition) qui ont fini par aboutir à une situation conforme aux objectifs fixés. Je n’oublie pas non plus les Marins de surface ou sous-mariniers pas plus que ceux des forces spéciales et tous les autres dont la présence sur la zone de combat se voulait plus discrète.

Même s’il est trop tôt pour tirer des conclusions sur ces engagements interarmées et interalliés qui se terminent à Syrte où la lutte continue , je noterai la remarquable performance de nos Rafale et la bonne tenue des autres appareils et hélicos de combat dont on a heureusement redécouvert toute la complémentarité. Il faut de tout pour tenir une bataille aérienne dans tous les domaines de lutte, incluant le renseignement, la gestion de l’espace, le ravitaillement en vol et la guerre électronique, et où les alliés ont pris une large part ne l’oublions pas : l’union fait la force. Le nombre relativement restreint d'avions de chasse français engagés (33 au plus, y compris les 16 Marins) imposait une large coopération dépassant le cadre de l'Otan, ce qui nous éclaire sur nos réelles capacités à agir et à durer, même si le surcoût estimé de cette guerre est pour nous relativement bas (320 millions d'euros estimés fin septembre 2011). Si l'on ajoute les autres engagements aériens (Afghanistan, Djibouti, Tchad, EAU, Baltic...) on totalise moins de 50 appareils Air engagés pour 250 existants, soit environ un sur 5 déployé. Dire qu'on atteint là une limite serait sans doute abusif, même si je ne pense pas que l'on puisse  espérer faire beaucoup plus.  Ceci dit, nos engagements précédents ces 20 dernières années n'ont jamais dépassé ce nombre, même si les avions en première ligne étaient alors beaucoup plus nombreux, mais incomparablement moins performants et polyvalents que notre Rafale actuel. 

La suite politique de cette histoire libyenne reste à écrire dans un cadre géopolitique complexe où toute l’Afrique est à la peine et désormais privée des largesses financières du pouvoir libyen, et obligée de gérer le retour de ses expatriés en Lybie parfois bien armés. Elle appartient bien sûr aux diplomates qui ont su donner une légitimité à une guerre que les critiques n’ont néanmoins pas épargnée. L’avenir est forcément radieux lorsqu’on est optimiste, même si on sait qu’abattre un dictateur ne promet pas forcément des lendemains radieux.

La suite économique va sans doute replacer nos entreprises dans le processus de reconstruction local, puisque la nouvelle Libye dispose de moyens pour se développer et retrouver une réelle prospérité.

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