040Plusieurs dispositions sont désormais mises en œuvre pour faire des économies dans les armées, autres que la réduction importante des effectifs qui, contrairement à ce qui était attendu, génère beaucoup moins d’économies que prévu.

La réduction du nombre des officiers est d’actualité à la demande de Bercy (18 à 25% selon le grade) ainsi que celui du tableau d’avancement et des listes d’aptitude (colonel qui passe général) ce qui revient à réduire directement les droits budgétaires et à rééquilibrer la pyramide des grades.

Une meilleur gestion du maintien en condition opérationnel des matériel (10à 15%), en agissant principalement sur les marchés et les marges des sociétés civiles d’armement, dont les bénéfices sont jugés parfois excessifs, est également recherchée.

L’activité et l’entrainement des forces sont concernés puisque les 180 heures de vol par an des aviateurs, jugées encore récemment comme un minimum, sont devenues 150 heures. Les sorties et manœuvres régimentaires, les jours de mer pour la Marine, sont aussi affectés notablement, ce qui pourrait nuire au niveau opérationnel des forces dont le format général est à la baisse (fermeture de bases aériennes, de régiments…)

Pour finir, la qualité et le volume des équipements nouveaux, fixés par la loi de programmation militaire attendue, devraient être aussi sérieusement impactés.

Toutes ces mesures qui sont imposées par la contrainte économique ne sont évidemment pas bonnes pour le moral des troupes qui pourraient connaitre un renforcement des dispositions incitatives au départ (pécule, avancement conditionnel, loi de dégagement des cadres…) et bien sûr un moindre recrutement au niveau des écoles de formation initiale.

Le fait de savoir que tous les pays européens sont prisonniers de la même bataille économique, et parfois pire quand elle conduit à renoncer totalement à des forces (Les Pays-Bas ne viennent-ils pas de renoncer aux chars de combat, perdant aussi un escadron de F16 et la plupart de leurs hélicoptères…), ne rassure pas du tout sur l’avenir et les limites de ce désarmement généralisé.  

Outre la création de quelques unités spécialisées de réservistes, les conséquences prévisibles de ce délabrement seront le recours à des sociétés privées pour certaines missions assurées auparavant par les forces armées comme le gardiennage, la sécurité des navires menacés par le piratage, et éventuellement la création de pseudo-milices d'auto-défense ou de compagnies de mercenaires pour parer en urgence à telle ou telle menace. Les anciens militaires ayant été débarqués fraichement de l'armée et ayant gardé leur esprit commando trouveront sans doute là matière à reconversion.

Retour à l'accueil