Les longues heures que viennent de passer dans l’eau froide de la Méditerranée les passagers d’un Cessna Centurion, contraint à amerrir après une panne moteur, sur une liaison entre la Corse et le continent, montrent à quel point il est difficile de repérer des naufragés en mer. Plusieurs aéronefs de recherche finirent par repérer et hélitreuiller les naufragés après sept heures d’attente dans de l’eau à 20 degrés, occasionnant de sérieux refroidissements. La survie dans de l’eau plus froide aurait été plus courte...

 

Les pilotes de chasse qui survolent souvent les immensités maritimes ne sont pas démunis contre l’éventualité d’une éjection en mer. Un paquetage de survie très complet est intégré à leur siège éjectable et ils portent gilet de sauvetage gonflable (Mae West) et combinaison étanche (obligatoire pour tout survol maritime, accompagnée de sous-vêtements de vol chauds) donnant toute chance d’être retrouvé vivant, même après de longues heures d’attente ballottées par les flots.

Tous les éléments du paquetage sont attachés entre eux et reliés au pilote par des attaches de sécurité. Un canot de sauvetage individuel, gonflé lors de la descente en parachute, permet d’attendre presque au sec d’être retrouvé par un avion ou un hélicoptère de patrouille maritime, sinon par un satellite de surveillance capable de détecter l’émission de la radiobalise de détresse dont dispose le pilote. Des aliments de survie (en tubes) pour endurer et des moyens d’alerte de proximité pour se signaler aux bateaux et aux avions proches, (miroir réfléchissant, lance-fusées de détresse, fumigènes jour et nuit, fluorescéine pour faire une large tâche verte…), ou pour se défendre contre l’environnement hostile (poudre anti-requin, couteau, arme, crème solaire…) complètent l’attirail de survie, dont la liste et le fonctionnement sont présentés sur une notice waterproof…

 

Des exercices permettent à chaque pilote de s’entraîner régulièrement à toute la séquence de survie en mer. Entièrement équipé dans sa combinaison étanche et pendu à un parachute ascensionnel le pilote est tracté puis lâché au large. Après avoir gonflé Mae West et canot de sauvetage pendant la descente sous voile, il embarque dans sa frêle embarcation individuelle pour attendre patiemment qu’un hélicoptère vienne le sauver...

Pour avoir participé plusieurs fois à cet entraînement réaliste je peux affirmer que le temps paraît vite très long, surtout lorsque les premiers signes d’engourdissement surviennent. Rares sont les fois où l’on ne bénit pas le sauveteur plongeur qui vient vous passer un harnais salvateur sous les bras pour une montée sous treuil, quelques dizaines de mètres plus haut, vers le cargo ronronnant de l’hélicoptère de secours où tout le monde claque des dents…

 

Nos camarades de l’Aéronavale ajoutent à cet entraînement l’épreuve de la « Gloutte » qui consiste à être immergé brutalement, cul par-dessus tête, dans une cabine d’avion, harnais serrés sur le siège éjectable. Il faut se libérer calmement et remonter à la surface, sous la surveillance bienveillante d’un plongeur sous-marin… panique interdite !

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