Nos compatriotes français ont la fâcheuse tendance à dénigrer leur propre pays, sous prétexte que les choix, les orientations, la gestion, etc., seraient faits en dépit du bon sens...

Ainsi,  65 millions de français sont-ils sélectionneurs de l’équipe de France de football, crucifiant tous les matins le sélectionneur national, et une bonne partie de ceux qui s’intéressent à l’aviation n’ont de cesse de dénigrer nos productions nationales. Ils affirment que tout ce qui se fait ailleurs est forcément mieux. Ainsi, les Britanniques et les Américains sont-ils volontiers sacrés pour leur excellence dans le domaine aéronautique où nous ne serions que de pâles figures, nos constructeurs de chasseurs en tête, sans parler de ceux de nos avions de transport. Le pauvre Airbus A400 M,  à peine décollé, en prend déjà pour son grade (trop cher, pas assez ceci et cela…), sans que les arguments développés, par certains soi-disant spécialistes, pour le clouer au sol, soient à la hauteur de cette vindicte.

Que les détracteurs de notre aviation se souviennent  que notre pays a fait partie des pionniers en la matière et qu’il y a tout lieu d’être fier de tous les prototypes et avions qui suivirent le premier envol de l’Éole de Clément Ader. Rappelons aussi, aux éternels chafouins, que les programmes si décriés en ce moment, sont en majorité des programmes en coopération européenne (ce qui complique forcément la mise), excepté dans le domaine des avions de chasse où notre constructeur national a toujours souhaité faire cavalier seul. Le résultat est que, mis à part une industrie russe affaiblie (malgré le premier vol du Sukhoï T-50 fin janvier), il ne reste que deux vrais constructeurs d’avions de chasse au monde, les Américains et les Français,  auxquels il fallait ajouter le consortium Eurofighter pour le Typhoon, largement d’inspiration britannique et qui est loin de tenir toutes ses promesses (on l’attend toujours en Afghanistan). Inutile de faire référence aux autres productions d’assembleurs plus que de constructeurs, car les composants principaux (moteurs…) de leurs avions sont importés (Chinois, Japonais, Suédois…).

Ce disant, il ne s’agit pas de plonger dans une autosatisfaction stérile, et de taire toute velléité de critique, mais plutôt de souligner une attitude injuste (auto flagellation) qui peut nuire au dynamisme de notre industrie aéronautique, qui a fait ses preuves dans le domaine de l’aviation civile en captant la moitié du marché autrefois chasse gardée de Boeing. Elle a aussi construit l’un des chasseurs les plus polyvalents et les plus réussis du monde, le Rafale, qui mériterait d’occuper une plus juste place dans le domaine de l’export militaire où les Américains règnent hélas sans partage.

 

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