fleuve_1.jpgNe nous cachons pas que Serval a attisé les rivalités habituelles entre les différentes composantes de nos forces armées qui chacune profite de l’occasion pour afficher détermination, savoir-faire, et son incontournable excellence. Les militaires adorent ces confrontations picrocholines qui opposent artilleurs et chasseurs, roues et chenilles, paras et non paras, colos et métros, terriens et aviateurs, même si chacun souhaite pouvoir compter éternellement sur l’autre. Toutes les gammes de l’armée de terre ont donc été jouées jusqu’au parachutage inattendu de légionnaires sur Tombouctou et au déploiement sur le terrain du tout récent VBCI (Véhicule blindé de combat d’infanterie à huit roues) ou du très mobile canon Caesar (canon automoteur de 155) qui peut tirer des obus à 40 kms avec une mise en batterie record. La Marine, quant à elle, n’a pas manqué d’utiliser les récentes fonctions de bombardement terrestre de ses Atlantique 2 (désignation laser assurée par drone) intégrés dans des frappes importantes et coordonnés par Awacs, comme récemment sur le nord de Kidal où plusieurs chasseurs aidés de 6 ravitailleurs attaquaient de nuit les positions djihadistes. Ni les uns, ni les autres n’ont lésinés sur les moyens pour étonner avec sans doute aussi l’arrière-pensée de promouvoir nos plus récents matériels. Espérons que ces démonstrations probantes n’amèneront pas nos financiers à penser que nos « chères armées » ont désormais tout ce qu’il faut pour opérer et réussir. Attention à ne pas rejouer une énième version de l’arroseur arrosé ! L'après Serval ne sera pas un long fleuve tranquille.

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