16644.jpgDeuxième porte-avions ou pas ?

Le chef d’état-major de la Marine semble avoir répondu par la négative en n’envisageant pas un sister-ship au PA Charles de Gaulle,  sachant pertinemment que le lent délitement de notre flotte , hors PA et SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engin),  mérite de lui consacrer toute son attention et une grande partie de ses maigres ressources.

La base aérienne flottante qu’est un porte-avions, superbe engin désarmé (très peu de moyens d’auto-défense à bord, (Aster anti-missiles et Sadral surface-air sur le CDG), qui ne peut donc naviguer qu’entouré de puissants protecteurs et de bâtiments de soutien, navires anti-aérien, de lutte anti sous-marine, ravitailleurs de haute mer, piquets radar, sous-marin d’attaque… ne peut se penser que de façon globale, au sein d’un groupe aéronaval dévoreur de moyens et de crédits, et qui laisserait sur la touche, en période de restrictions budgétaires, d’autres esquifs de souveraineté, si nécessaires à la surveillance de nos immenses zones maritimes ici et outre-mer, de débarquement et de transport de troupe, de soutien et d’escorte comme en mer Rouge pour lutter contre la piraterie. L’efficacité du porte-avions, qui fait très souvent l’objet de vifs échanges (que j’aborde par ailleurs dans ce blog dans "armée de l'air à la une"), n’encombrera pas ces lignes puisque, désormais doté de cet élément de puissance et de rayonnement nucléaire, notre Marine doit pouvoir le mettre en œuvre normalement grâce aux appareils modernes qu’il emporte, chasseurs Rafale et Super Etendard, appareils de surveillance E2C Hawkeye, hélicoptères Puma et Dauphin affectés en permanence ou détachés temporairement, eux-mêmes budgétivores.

Notre pays n’aurait de toute façon pas les moyens aériens d’armer complètement et en même temps deux porte-avions. Le choix du chef d’état-major de la Marine, surtout contraint par des considérations budgétaires, ne privera donc notre Marine que d’un moyen de remplacement, lors de l’immobilisation du CDG, à l’occasion d’avaries ou des longues périodes d’entretien (iper = 25% du temps).

Retour à l'accueil