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Publié par Richard FEESER

Non, non ! Il ne s'agit pas de monokini ou de bikini à l'approche de l'été... mais de chasseurs monoplaces ou biplaces.

Cette question se posait encore, il n’y a pas si longtemps, à propos du Rafale dont on a fini par panacher les commandes dans l’Armée de l’air, la Marine renonçant définitivement au biplace. Sans vouloir revenir sur les avantages de l’une ou de l’autre version, rappelons que ce sont des considérations essentiellement budgétaires (biplace plus cher) et la convivialité des systèmes d’armes modernes, facilitant le travail à bord, qui ont conforté l’intérêt du monoplace (finis les tableaux de bord « usines à gaz » aux myriades de bitards, leviers, interrupteurs, indicateurs…pour pilote pianiste aux doigts fins).

Désormais, à Saint-Dizier, le Rafale monoplace sera piloté par les pilotes de chasse de l’escadron 1/7 « Provence », ceux du 1/91 « Gascogne » utilisant le Rafale biplace dans la mission nucléaire ASMP. Sans oublier la capacité nucléaire du PA Charles de Gaulle et du Rafale monoplace Marine, ceci peut se comprendre par la grande sécurité qu’offre le couple pilote-navigateur dans une mission complexe, comme montré depuis longtemps par les équipages Mirage IV des Forces Aériennes Stratégiques.

mirage-IV.jpg

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VESPA Richard 10/05/2010 13:02



La suprématie des monoplaces, qui la faute ?


 


Pour moi, pas la faute aux politiques, pas la faute à la DGA, mais plutôt à l'armée de l'air.


Effectivement, nous sommes à ce sujet confrontés à un corporatisme, celui du chevalier du ciel farouche défenseur de monoplace, formé
à "l'académie de Dijon"... et qui malheureusement font poids dans les décisions en Etat-major.


 


Or, j'ai connu certains de ces pilotes, qui affectés sur Mirage IV, lors de leur stage de transformation, ont découvert cette espèce
curieuse, dénommé "Navigateur", avec qui ils devaient travailler en équipage.


 


Par la suite, la majorité de ces pilotes, sont devenus conscient que cette "espèce" était la pièce maîtresse dans l'avion,
L'expérience incomparable obtenue en vol en équipage par les nombreux pilotes de chasse, venus pour un temps dans les unités FAS, avant de prendre des commandements au retour dans leurs unités
d'origines a laissé des empreintes, puisque l'équipage à deux a été transposé au Mirage 2000;


 


D'ailleurs, les revues spécialisées vantent la réussite en opérations lointaines au Moyen Orient, des tandems de choc des Mir IV P et
Mirages 2000 N.


Il y a cependant un bémol, certainement initié par un groupe de chasseurs en EMA, le choix initial inexplicable d'un Rafale monoplace
et multi-missions, au lieu d'un biplace pour tous les escadrons de combats avec une place arrière, véritablement définie et aménagée pour la fonction "navigateur systèmes
d'armes.


 


Certes, maintenant il semble que l'armée de l'air ait rectifié la commande en demandant plus de biplace que de monoplace, mais dans ce
cas, la place arrière n'a que les répétitions de la place avant, ce qui ne pourra être qu'une dégradation dans la conduite de la mission pénétration, par rapport à l'évolution reconnue par tous
du Mirage 2000N.


 


Alors mettre en avant le surcoût du biplace, alors que ce programme est un gouffre financier, n'est pas recevable.


 


Or, Vis-à-vis des drones, il semble que le problème soit encore plus ardu à faire admettre aux chasseurs, car on touche leur
sensibilité.


Toutefois, s'ils ne réalisent pas que les drones doivent être le complément inévitable de l'aviation pilotée, la France ratera encore
une fois le positionnement technologique et industriel sur des matériels militaires et civils prometteurs.


 


Je suis persuadé que dans un avenir plus ou moins proche, on verra dans une patrouille, l'avion leader pilotée avec un navigateur
systèmes d'armes et conduite d'opération, et des équipiers drones (contre mesures, bombardement, relais de transmission, etc...)



Richard FEESER 10/05/2010 16:29



Je ne suis pas certain que le corporatisme des "chevaliers du ciel", dont vous parlez, sclérose à ce point leurs esprits, puisqu'ils ont depuis des lustres admis la suprématie du biplace dans
certaines misssions les plus complexes. Pour ma part, j'ai encore en mémoire la fantastique et redoutable équipe que constituait le couple pilote navigateur sur le Vautour II N (1956-1978),
chasseur tout temps de la 30e Escadre de chasse à Reims, en particulier en interception de nuit... Vous évoquez aussi très justement le cas plus récent des biplaces Mirage 2000 N et D dans les
missions nucléaires ou d'assaut convetionnel. Je vous rappelle néanmoins que les avions de chasse de l'après guerre étaient en majorité des intercepteurs, finement guidés par une "cabine" d'un
Centre de détection et de contrôle où s'activaient les controleurs de défense aérienne, dont on attendait beaucoup. On parlait alors beaucoup du couple pilote contrôleur, l'un aux commandes de
l'appareil en vol et l'autre au sol, derrière son scope radar pour guider le chasseur vers la victoire...


Les temps modernes, où l'autonomie de l'avion de chasse est beaucoup plus grande et la guerre plus complexe, ont ouvert largement les cockpits aux navigateurs officiers système d'armes, NOSA, et
ça ne va pas beaucoup changer.


Pour les drones, dont vous trouverez quelques articles sur ce blog, je partage entièrement votre point de vue, allant même jusqu'à penser qu'à terme, ils occuperont tout le créneau de la chasse
actuelle. On reconvertira nos chasseurs vers le transport et le ravitaillement en vol... des drones précisément.