DEFE194.jpgAlors que deux journalistes de RFI viennent d’être froidement assassinés au Nord de Kidal, le positionnement des forces françaises au Mali se pose avec une nouvelle acuité. S’en prendre froidement à deux reporters chargés de témoigner de la situation locale avec talent et impartialité, et ainsi tenter de provoquer l’irréparable, souligne à quel point la stabilité de l’Azawad, le nord Mali, grand comme la France, est loin d’être acquise. Ce coup de main atroce signe sûrement ce qui complique les choses, à savoir les rivalités entre factions Touareg rendant encore plus difficile le maintien de la paix dans une immensité désertique aux richesses minérales et pétrolières inexploitées (prochains enjeux). Sûr que les 3000 soldats français au sol, et le dispositif aérien de surveillance et de frappe, ne sont pas près de rentrer à la maison, d’autant que les prochaines élections législatives en novembre et décembre l’imposent.

L’avenir est bien sûr de tenter de régler la question Touareg qui empoisonne la région depuis la fin du 19esiècle… en évitant si possible de transformer les principaux points d’intérêts en autant de forts « Sagane ». Par calcul, les grands pays de la zone (Algérie, Maroc, Mauritanie…), pas plus que les nations européennes (sauf la hollande), ne s’impliquent. Les forces de l’Onu disparates et sous équipées sont inefficaces, et la France reste seule face aux obligations historiques qui la lient à la région.

Au plan purement aérien l’arrivée des drones Predator (récemment acquis sur un lot de douze), en complément des Harfang (photo) déployés au Niger, va accroitre la permanence de la surveillance aérienne, tandis que les chasseurs de N’Djamena frapperont, comme depuis le début de l’opération Serval.

Des moyens d'écoute et de renseignement performants doivent aussi être utilisés dans cette guerre contre un terrorisme extrêmement mobile condamné à communiquer pour s'organiser. La force vive ne suffira pas à contrer ni à dissuader toutes les menaces. Une bonne connaissance du terrain et des moyens de renseignement affutés sont plus que jamais nécessaires pour économiser nos forces dans un contexte de réduction tous azimuths et avec la perspective d'autres engagements dans la zone, en particulier en Centrafrique.

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