serval_06.jpgMali, mais que font les pays africains ? 


La France, depuis hier, est en première ligne dans la crise malienne, et l’on peut s’en féliciter tant les menaces islamistes devenaient structurées et organisées pour dévaster complètement le Mali et s’imposer jusqu’à Bamako. Mais on peut légitimement s’interroger sur le résultat des multiples palabres prévoyant notamment le déploiement d’une force interafricaine susceptible de prendre en compte la question malienne. Une fois de plus on réalise qu’il y a loin entre les affirmations des différents responsables africains de l’Union africaine et de la CDEAO et leur réelle volonté de s’impliquer dans ce qui devient un combat de libération, et d’une façon plus large une lutte contre le terrorisme international et les trafics en tout genre. L'annonce des Présidents du Niger et du Burkina ainsi que du Togo de fournir sans tarder un contingent de quelques centaines d'hommes montre leur embarras devant l'accélération des évènements qui les concernent au premier chef. Les prochains jours nous montreront dans quelles conditions ces pays comptent participer : transport, soutien logistique, équipements, soldes... Certes, les Nations Unies finissent toujours par rembourser les frais occasionnés par les opérations de maintien de la paix... Le Sénégal et le Nigéria doivent être ajoutés sur la liste de la future force de la CEDEAO


Sur le terrain, un fois de plus, la valeur stratégique des forces aériennes, leur allonge et leur rapidité de réaction, ont permis le coup d’arrêt attendu sur les colonnes armées islamistes en marche vers le sud du pays.

Les hélicos armés des forces spéciales ont donné les premiers coups venus du Burkina tout proche, succédés par les chasseurs F1CR et Mirage 2000 venus de N’Djamena, le tout appuyé par les moyens d’observation disponibles (ATL2, satellite...).

Des renforts aériens, Rafale et ravitailleurs C135, permettront de gérer plus facilement l'éloignement du théâtre malien depuis le Tchad, où les chasseurs sont stationnés, tout en augmentant la pression sur les arrières des rebelles jihadistes. Des troupes vont également être déployées au sol pour sécuriser Bamako et préparer la suite de l'engagement. On évoque également l'envoi d'hélicoptères Tigre.  


Espérons que la solitude française dans ces combats de freinage et sans doute plus tard de reconquête du Nord du Mali sera vite rompue par l’arrivée de renforts africains et des soutiens concrets de la communauté internationale incluant les pays européens et américains.


Au dernières nouvelles, deux C17 britanniques ont été engagés le 13/01 dans le flot logistique, à partir de la base aérienne d'Evreux...

Des ravitailleurs américains devraient aussi entrer dans la danse à partir du 26 janvier...

Un C130 Belge, deux italiens.

Deux hélicos belges...

Des moyens danois C130...

Des moyens allemands, deux Transall...

Deux C17 américains, un canadien...

Un Global Hawk américain et un Sentinel anglais pour le renseignement

... l'Europe et les amériques se bougent !

 

Une fois encore les éléments dimensionnant de toute frappe aérienne de grande ampleur sont en nombre insuffisant, à savoir les moyens de renseignement et de ravitaillement en vol. J’ai participé à l’opération Lamentin, en Mauritanie, en 1978, où déjà les Atlantique de la Marine, normalement dévolus à la Patrouille maritime, fournissaient  le renseignement et le guidage sur objectifs des chasseurs Jaguar ravitaillés par les mêmes C135 qu’aujourd’hui.

Plus de trente ans après, rien de vraiment changé ! Si on a progressé dans les armements et les avions de chasse eux-mêmes, on a fait du surplace en moyens de renseignement et de ravitaillement en vol. On annonce certes la commande prochaine des Airbus MRTT pour la fin de l’année 2013 (opérationnel en 2017…), et peut-être aussi une modernisation des capteurs des Atlantique 2, mais la panoplie restera terriblement incomplète en moyens de reconnaissance et de renseignement permettant d’évaluer la menace et de choisir les objectifs. Même si le nouveau pod recco est désormais Rafale compatible, il nous manquera des drones d’observation, dont le Harfang à bout de souffle n’est qu’une pâle figure. On parle néanmoins de le déployer au Niger où il saura trouver toute son utilité.

Autant dire que le concours américain pour le ravitaillement en vol et des moyens britanniques et américains pour le renseignement nous sont plus qu’indispensables, comme ils le furent d’ailleurs, il y a près d’un an lors des opérations aériennes en Libye.


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