serval-terre.jpgDe 100 à 200 maigres djihadistes auto-proclamés, fluets et mal fagotés, il y a moins de 10 ans, à 1500 hommes armés jusqu’aux dents et bien équipés, chevauchant de rapides 4x4, déboulent à pleine vitesse vers Bamako…

Quel changement ! Et quelle assurance pour ces groupes de rezzou, devenus forts au point de prendre progressivement le contrôle du nord Mali, et de tenter de renverser le pouvoir à Bamako, affaibli par ses luttes internes et ses divisions, et où chacun n’a désormais à cœur que son destin personnel.

Les spécialistes disent que la rapide montée en puissance de ces groupes islamistes terroristes s’explique en grande partie par les très fortes sommes d’argent versées dans cette zone désertique pour libérer les otages (on parle de 5 millions d’euros chacun.. ?), l’un des principaux commerces de ces groupes dissidents. Une manne versée par tous les pays européens concernés (et même certains autres), même s’ils affirment ne pas vouloir négocier avec les preneurs d’otages. Ces finances abondantes, venues d’ailleurs, permettent d’acheter tout ce dont on a besoin pour vivre, recruter, croître et embellir, dans une région où il faut généralement subsister avec moins de deux euros par jour. Avec de tels moyens renforcés par le produit de trafics en tout genre (drogues, armes…) et l’aide discrète de certaines puissances pétrolières du golfe comme le Qatar (il s'achète une assurance-vie?), facile de séduire plus pauvre, de susciter l’intérêt ou de contraindre pour rallier à sa cause, aussi de fermer les yeux aux responsables locaux, et d’aider certains groupes Touaregs oubliés par Bamako… ajoutez à cela le différent, pour ne pas dire plus, entre les noirs au sud et les blancs au nord.

Tragique, mais il faut bien reconnaître que nous sommes en partie responsables de ce qui nous oblige aujourd’hui à aider le Mali à retrouver sa liberté et son intégrité territoriale, même si il n’y pas de réponse simple, dans notre culture occidentale, à la question de savoir si oui ou non il faut continuer à payer les rançons. Le courage de nos soldats sur le terrain, qui ont pour seul objectif de libérer l’ensemble du Mali, est la meilleure réponse que nous pouvions donner pour aider à la résolution d’une des crises les plus graves du continent africain. Espérons que cette crise violente servira d'electrochoc aux peuplades de cette région pour trouver les voies de l'estime réciproque et de la coopération, et qu'elle alimentera nos réfexions sur la conduite à tenir anvers le terrorisme, faite d'anticipation et de fermeté, pour échapper à l'engrenage dans lequel pourrait nous entraîner ce conflit.

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