Difficile de ne pas envisager la suite des opérations au Mali pour sauvegarder les acquis de notre intervention militaire dans cette lutte sans merci contre les djihadistes terroristes, et trafiquants en tout genre dont le commerce (drogue…) s’annonce d’ores et déjà fortement perturbé. Après nos premiers succès, plusieurs points posent questions :

La MISMA (Mission internationale de soutien au Mali) serval terreregroupant des forces de la CEDEAO (pays de l’ouest africain) et du Tchad, sensée prendre le relais de nos forces sur le terrain, n’est pas prête (le sera-t-elle un jour ?) et semble chercher sa cohérence et ses financements en évoluant vers une force de maintien de la paix, sous l’égide des Nations Unies, dont la faisabilité est à l’étude. Il ne faut pas se cacher que la Misma, qui regroupe quelques milliers de soldats hétéroclites, sans réels savoir-faire en zone désertique, sans équipements, sans armements ni moyens de transport, ne manque heureusement pas de bonnes volontés, mais ça ne suffit pas pour être efficace. Des Casques bleus pourraient prendre la suite quand les « conditions de sécurité le permettront », c’est-à-dire quand la situation sur le terrain sera stabilisée. Nos forces, accompagnées des éléments tchadiens et maliens, ont encore du grain à moudre…

La réorganisation politique de feu l’État Malien, qui passerait par de prochaines élections, ne semble pas assurée, tant les tensions sont fortes entre les différents groupes d’influence d’avant et d’après le coup d’État du capitane Sanogo, le 22 mars 2012, il y a déjà un an. Au nord, alors que la traque aux islamistes se poursuit, dans les régions de Gao et de Kidal, les populations de la région de Tombouctou continuent à fuir vers la Mauritanie, traumatisées par l’occupation islamiste passée et la crainte des représailles ethniques des forces de Bamako « libératrices ». La création d’une «Commission dialogue et réconciliation» (CDR) chargée de réconcilier les communautés maliennes, et de recenser les forces politiques et sociales concernées par ce processus de réconciliation, devrait permettre d’avancer dans ce domaine.

Ajoutons à cela le peu d’engagement des contributeurs européens et américains, tout juste à la hauteur de ce qui était attendu, et qui nous laissent bien seuls face à la situation.

On n’est pas encore sorti de l’auberge…

Retour à l'accueil