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Publié par Richard FEESER

En Libye, les forces en présence au sol semblent être à l’avantage de Kadhafi grâce à des soutiens internationaux assez discrets, qui lui facilitent la tâche, dans un malström où les petits et les grands intérêts bien compris influent fortement sur le déroulement des opérations. Ici, les petites mains venues de l’est fournissent des armes, réparent et reconditionnent. Là, des mercenaires, soldats de circonstance recrutés dans les grands hôtels de Bamako, de Ouagadougou où d’ailleurs, fuient la misère et la corruption de leur pays et combattent pour quelques poignées de dollars. Tandis que les grandes organisations internationales africaines, qui doivent beaucoup à l’argent de Kadhafi, font mine de chercher une sortie de crise en envoyant quelques émissaires pitoyables.

Les pays voisins de la Libye, submergés par le flot de réfugiés, restent l’arme au pied, dans une étonnante neutralité, alors que l’Algérie et les autres pays du Maghreb ont clairement choisis leur camp. D'autres, plus neutres, n'empêchent pas Kadhafi d'utiliser ses ressources en négligeant de bloquer ses comptes pour financer une guerre qu'il espère bien gagner.  Quant à l'embargo sur les armes.. !

Il y a là comme une resucée des conflits périphériques de la Guerre froide où les deux grandes puissances USA et URSS s’affrontaient par petites nations interposées ; il y a là aussi un peu de la crise de Suez. Cette fois ce serait plutôt une lutte d’influence entre les Nations européennes et les potentats africains, les premières éprises de liberté portant secours aux opprimés de Benghazi, les autres voulant sauver le chef de file d'un vil système construit contre leurs propres peuples, en oubliant les messages humanitaires des grands sages, Senghor et Mandela. Les ex grandes puissances, Amérique et Russie, un instant plus impliquées pour les USA, assistent à la bataille à distance ou appellent à la paix, soulignant leur volonté de ne pas trop se mouiller dans une période préélectorale difficile. 

Certes, tout n’est pas moral dans un conflit, et l’on trouvera des arrières-pensées critiquables jusque dans notre propre camp, mais nos pilotes qui décollent chaque jour vers les côtes Libyennes, doivent être sûrs qu’ils le font pour la bonne cause. Espérons aussi qu’ils recevront bientôt des renforts aériens pour intensifier leurs frappes, et surtout qu’un engagement terrestre ponctuel et mesuré, pourquoi pas franco-britannique, mais déterminant comme ce fut le cas dans la crise ivoirienne, permettra enfin aux Libyens de trouver la route de la réconciliation et de la paix. Le détachement auprès du Conseil National de Transition Libyen d'officiers de liaison français, britanniques et italiens, pourrait constituer les prémices de cet engagement.

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Olivier Cavailhé 08/07/2011 18:27



Bonjour,


Je vais de temps en temps sur votre site car je trouve que vous avez une vue assez synthétique. De plus j'ai lu votre livre "officier, pilote de chasse". A propos des pilotes j'aurai plusieurs
questions à vous poser mais je nen vois pas votre adresse de messagerie.


Pour revenir à la Lybie, autant j'ai trouvé qu'il était sain de prendre une décision rapide de sauver ce peuple contre ce "fou" en envoyant très rapidement l'aviation qui a permis de stopper
l'armée lybienne, autant je ne comprends pas que les pays à l'ONU aient voté une résolution empêchant un corps expéditionnaire de quelques milliers d'hommes qui aurait rapidement renversé ce
régime. Actuellement on use nos pilotes qui ont fait un boulot remarquable. On fait beaucoup de pub sur le fabuleux rafale mais le F1 est toujours là et leurs pilotes sont de véritables surhommes
de voler 7H durant.
Ne trouvez-vous pas que actuellement c'est du gâchis d'utiliser notre force aérienne? Les forces anti-kadhafi étant incompétentes à mener une guerre d'usure.
Bien cordialement



Richard FEESER 08/07/2011 19:48



On est un peu dans le cas de la Côte D'Ivoire où ce sont les forces légalistes qui ont fini par chasser le dictateur, avec un solide coup de main des hélicos de l'ONU et de la France. Ce qui a
marché ici devrait marcher là avec l'avantage de donner une légalité progressive aux forces de Benghazi dont le régime prend progressivement sa maturité avec la reconnaissance de plus en plus
d'Etats, dont récemment la Turquie pourtant très réticente au départ. Au passage ces forces rebelles que l'on présente comme brouillonnes et désorganisées recoivent conseils, armes et munitions,
et également tout l'appui de notre aviation et de celle des alliés qui auraient eu beaucoup de mal à se mettre d'accord si une action terrestre avait été envisagée. En s'engageant nous savions
qu'il faudrait durer et que le jeu militaire ne devait pas gêner l'action diplomatique permettant d'exfiltrer Kadhafi sans trop déshonnorer son camp. Saluons donc ensemble la pression que nos
forces aériennes appliquent sur les forces de kadhafi, bien persuadés de l'utilité de cette action qui devrait déboucher favorablement dans les prochains jours.