le-pilote-dans-le-cockpit-du-rafaleSans faire de triomphalisme, on peut être fier de l’engagement de nos aviateurs dans le conflit en cours, car ils donnent un coup de main décisif aux « Libyens libres » et à la démocratie naissante au Maghreb. Les forces aériennes françaises, Air et Marine, engagées dans la coalition internationale, représentent néanmoins une participation limitée, puisque une trentaine d’avions seulement sont engagés chaque jour, y compris ravitailleurs C135 et avions de surveillance Awacs et Hawkeye (environ 30% des missions totales).

Si les équipages bien entraînés font la démonstration d’un réel savoir-faire dans tous les domaines de lutte, de jour et de nuit, ils montrent aussi les limites de nos ambitions, car le nombre d’appareils disponibles ne nous permettrait pas d’en faire beaucoup plus. Même si le Rafale tire son épingle du jeu, en dominant haut la main toutes les exigences techniques de ce conflit moderne, nos 300 appareils théoriquement en ligne, dont une centaine de  Rafale polyvalents, sont loin des spécifications du Livre Blanc qui prévoyait de pouvoir engager une centaine d’appareils simultanément dans une opération extérieure.

La question se pose de façon encore plus ardue pour notre groupe aéronaval, seul engagé pour l'instant, et qui après moins d'un mois d'opérations va devoir souffler un peu; les hommes autant que les machines atteignant là leurs limites. A ce sujet, on se demande ce que font le PA espagnol "Prince des Asturies " et le PA italien "Garibaldi" pourtant équipés d'AV8B à décollage vertical et qui pourraient donner un bon coup de main à l'alliance. Notons que le retrait provisoire de notre PA CDG diminuera nos capacités de frappe et également de RESCO, car ce sont des Caracal de l'armée de l'air embarqués à cette fin qui assurent cette mission de récupération d'un pilote ejecté.

Malgré la qualité des matériels et des armements aériens et la compétence des équipages, en nombre trop limité du côté de l'Aéronavale, l’opération vérité, que constitue ce conflit, trace les limites réelles du faisable et invite à réfléchir sur l’indispensable effort d’interopérabilité et de coopération que nous devons poursuivre avec nos alliés, au sein et en dehors de l’OTAN, et peut-être aussi dans nos armées entre Air et Marine. Nos moyens offensifs pour s'engager et durer doivent être sérieusement repensés, sinon nos ambitions clairement revues à la baisse.

N'oublions pas non plus que tout ceci a un coût, environ un million et demi d'euros chaque jour (hors armement) qu'il faudra bien trouver quelque part... pourvu que ça ne dure pas trop longtemps !

Au total, si l'on ajoute tous les déploiements aériens actuels (TCHAD, EAU, Afghanistan, Pays baltes, Crête, PA CDG...) 63 avions de chasse, air et Marine, sont en action: la corde est très tendue...

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