La guerre psychologique et médiatique bat son plein alors que les armements les plus sophistiqués comme le missile Scalp viennent d’entrer dans la bagarre pour essayer de desserrer l’étreinte mortelle des forces de Kadhafi sur les insurgés, en portant des coups décisifs. Les guerriers ont des oreilles et des cœurs, et une action militaire la plus réussie soit-elle existe surtout par la qualité de son compte-rendu. Ce qui est dit est presque aussi important que ce qui est fait dans un monde médiatique avide de scoops et de nouvelles. Les militaires utilisent toutes les armes de la communication et en particulier diffusent messages et flyers à partir d’avions spécialisés à l’intention des Kadhafistes pour les démoraliser et tenter de les retourner. Les journaux, TV et radios livrent chaque jour un chapelet de commentaires plus ou moins filtrés et d’images censées être le fidèle reportage de ce qui se passe sur le terrain. Bien sûr la manipulation est parfois de mise pour faire croire ou cacher, pour glorifier ou critiquer, pour influencer le jugement des acteurs et manipuler l’adversaire, car nul n’est insensible à la puissance médiatique. Chacun sait que la prise en main de la station de TV et de radio locale, voir la destruction de ses émetteurs, doit être l’un des premiers buts de guerre, et l’on peut s’étonner que Kadhafi puisse toujours communiquer sur les ondes et s’adresser au monde en compensant la faiblesse de ses armées, mises à mal par les avions de la coalition, par la violence de ses mots et de sa propagande. Il serait peut-être temps de lui couper le sifflet et d’arrêter de lui tendre nos micros pour l’aider sans vraiment le vouloir à faire la pluie et le beau temps sur le plan médiatique.

 

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