« En route vers la liberté et la démocratie… » disaient-ils pour donner de l’ardeur aux forces libératrices dont les nôtres, agrégées à une armada aérienne et internationale, chapeauté par les Nations Unies, pour chasser un dictateur sanguinaire, après 42 ans de règne sans partage. Et voici qu’avant même les premières consultations populaires, appelées de nos vœux, où le peuple aurait eu à se prononcer sur l’avenir du pays, on annonce que la charia sera loi et la polygamie autorisée. Sans hurler aux loups ni à la trahison, il semble bien que l’idéal révolutionnaire lumineux, que l’on croyait sincèrement partagé, soit quelque peu contesté par les autorités transitoires libyennes qui, sur l’exemple de la Tunisie et de l’Egypte tout juste libérées, semblent penser qu’un certain islamisme politique et libéral doit avoir sa place dans les nouvelles institutions. Cette résolution, qui peut être aussi une manœuvre pour calmer les esprits des plus radicaux et éviter qu’une guerre civile ne succède à la guerre de libération, ne manquera pas d’inquiéter, rappelant à quel point la reconstruction d’un pays aux multiples sensibilités, et factions qui se déchirent, est un exercice difficile et à hauts risques. Notre expérience nationale, où la révolution tua le roi pour enfanter la dictature impériale, nous rappelle à quel point un idéal peut être dévoyé, et combien la période de transition qui s’ouvre désormais en Libye est incertaine et mérite que le concert des Nations l’accompagne avec bienveillance.

Au plan militaire, profitons-en pour saluer une fois encore nos Aviateurs et nos Marins dont l’action fut décisive jusqu’à la dernière frappe, puisqu’il semble bien que l’interception d’un Kadhafi en fuite soit à porter au crédit de nos ailes.

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