Dissolution ER 1-33 029Le Mirage F1 va bientôt tirer sa révérence, normalement le 14 juillet 2014, à l’issue d’un dernier survol des champs Élysées, après une carrière bien remplie.

J’ai eu la chance de piloter cet appareil dans toutes ses missions : En défense aérienne au 1/10 à Creil puis à la 12, à Cambrai, où ses volets de combat, qu’il fallait manœuvrer avec dextérité, compensaient mal ses insuffisances manœuvrières à basse vitesse, tant sa forte charge à l’air le prédestinait plutôt au vol à basse altitude, en mission d’assaut et de reconnaissance où il finira par trouver son épanouissement, dans sa version CR ou CT.

Je l’ai aussi apprécié dans sa version CR (recco) à la 30, à Reims, où ses capacités et son système d’arme correspondait enfin à ce pourquoi il avait été fait.

Ravitaillable en vol, il nous permettait de rejoindre facilement l’Afrique où il remplaça haut la main le valeureux Jaguar. J’ai en mémoire des vols au Tchad et en Centrafrique, au ras du sol, où ce harnais inconfortable pour survoler la forêt me cassait les couilles, sans que je me lasse pour autant de cette ambiance si particulière qu’on ressentait aux commandes, celles d’un engin sain et équilibré, puissant aussi, et presqu’aussi moderne qu’espéré.

J’ai bien connu les pilotes de marque du CR et du CT qui avaient su tirer toute l’expérience acquise sur Mirage IIIR et RD pour le doter d’un système de recueil du renseignement, d'armes et de navigation complets et réalistes. On pourra toujours lui reprocher d’avoir tué l’un de ses pilotes d’essais, René Bigand, parrain de ma promotion de l’école de l’air, mais soyons sûr qu’il fut un avion très réussi qui procura de grandes satisfactions à tous ceux qui ont eu la chance de le faire voler (pilotes et mécaniciens).

En même temps que le Mirage F1 disparaitra aussi le 2/33 Savoie, mon premier escadron opérationnel, en 1972...

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