054.JPGChambley-Bussières, aérodrome situé tout près de Metz, fut une base américaine de 1954 à 1967, puis plus rien ou presque jusqu’en 2009, lorsqu’un avionneur proche de Reims Aviation et ancien de chez Dassault décidait d’y construire le Skylander, un remake moderne, aussi bimoteur, du célèbre Islander ou du Twin-Otter lui-même déjà relancé à la demande de ceux qui aiment ces sherpas solides et rustiques, aptes à tout transporter, genre camionnette des airs que tous les pilotes adorent.

Les F86 Sabre puis F84 F Thundersteak américains, depuis longtemps partis, avaient d’abord laissé la plateforme aux souffles des quelques F100 Super Sabre venus en voisins de Toul Rosières, pour un ou deux passages (j’en étais), puis aux véhicules de l’Armée de terre à laquelle l’Armée de l’air, devenu affectataire principal du terrain, avait consenti quelques essais à grande vitesse de véhicules à roues, sur la piste où dans l’une des trois « marguerites » désormais délaissées. A l’occasion d’une visite impromptue avec le Général commandant la 1ere Région aérienne et la Fatac (Force aérienne tactique), en 1979 (J’étais alors rédacteur Recco à son état-major), nous avions dû chasser trois « biffins » (gars de l’armée de terre) qui avaient outrepassé cette tolérance en s’introduisant subrepticement dans l’un des hangars avions pour y allumer un braséro. C’était l’hiver et il faisait froid à pierre fendre. La colère rougeoyante du grand homme étoilé (quatre étoiles) qui les mit en fuite ce jour-là fut une victoire facile contre la Première Armée dont le général, lui aussi quatre étoiles (et parfois cinq), aimait entretenir une amicale rivalité entre aviateurs et terriens. Elle fait aussi partie de la petite histoire d’un terrain, hélas peu à peu abandonné.

Et voilà que les ULM, ballons et montgolfières, qui avaient réussi à se faire une belle place sur ce site quasi oublié, doivent désormais accepter de côtoyer d’autres aéronefs. Le terrain suscite depuis 2009 l’intérêt de la Région Lorraine, de l’Aviation civile et d’autres, par la promesse de plusieurs centaines d’emplois générés par la production promise du Skylander. Ainsi, la piste a-t-elle été refaite, des hangars neufs sont-ils sortis de terre, une tour de contrôle a-t-elle été dressée pas loin du petit resto « Planet’Air », pour accueillir la première centaine d’hommes du bureau d’études flambant neuf qui travaille au décollage de la belle machine début 2012… une renaissance !

Un passage éclair m’a permis récemment d’y poser les roues pour un moment plein de promesses et de souvenirs...

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