Ça chauffe pour le budget de la Défense et chacun donne son avis ; nouveaux et anciens responsables politiques multiplient les propositions d’économies tous azimuts. Leurs analyses partiales oublient toujours l’indispensable cohérence de nos forces dans leur logique d’action, parfois nos intérêts militaro-industriels, voir la sauvegarde de nos intérêts hexagonaux et ultramarins comme notre patrimoine maritime et économique planétaire, et finalement une « certaine idée de la France », si chère au général de Gaulle qui voulait simplement dire que la France doit tenir son rang. Créant un brouillard médiatique bien loin des doctrines stratégiques et économiques qui nous ont donné notre outil de défense actuel, où tous les domaines de lutte sont maitrisés, les pires propositions de réduction fleurissent en plein jour comme la mauvaise herbe dans un champ trop longtemps négligé. Désormais, donner un avis sur la Défense ce n’est pas simplement proposer des diminutions ou des freinages, voir des fermetures de bases aériennes ou de régiments, ce qui se fait depuis plus de 30 ans en réduisant notre modèle de façon homothétique, sans faire de grosses économies au final, tant la pression sur les armées a déjà été forte. Mais c’est vouloir défaire ce que plus de 70% de nos concitoyens soutiennent fortement en remettant en cause les bases même de notre outil de défense. Ainsi Paul Quilès, ancien ministre de la défense socialiste, envisage-t-il sérieusement l’abandon de nos forces nucléaires, tandis que Jean-Vincent Placé, jeune sénateur écologiste de l’Essonne, propose une armée de terre à 15000 hommes… trop c’est trop !

Sans épiloguer sur ces étonnantes propositions, gardons en tête qu’en réalité la Défense ne coûte pas mais qu’elle rapporte. Le retour sur investissements des budgets consacrés au militaire est d’ailleurs d’autant plus remarquable et important qu’il donne à notre pays la meilleure assurance vie qui soit avec ses forces nucléaires stratégiques, et des moyens conventionnels d’action et de réaction modernes permettant de dénouer les crises sans monter au paroxysme de la violence, comme aujourd’hui au Mali. Il faut réfléchir aussi aux extraordinaires progrès technologiques occasionnés par les recherches en matière de Défense, dont l’exemple le plus facile et le plus récent est internet qui a véritablement changé la vie des gens.

Je sais que nos décideurs contraints par la crise économique prendront du recul par rapport à ce flux médiatique anti-défense, et réfléchiront à deux fois avant de prendre des décisions trop restrictives qui pourraient être lourdes de conséquences pour notre beau pays. Rappelons qu'un simple maintien du budget de la Défense à son niveau actuel correspondrait déjà à une baisse réelle en euros constants, que toute réduction viendrait évidemment aggraver. 

Conférence de presse du 28 mars 2013: Le Président Hollande vient d'affirmer le maintien du budget annuel de la Défense à son niveau actuel, et une certaine sanctuarisation sur la durée de son mandat, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour nos armées. Reste à savoir si le rattrapage de l'inflation annuelle sera pris en compte ou pas. En fonction de l'inflation réelle qui oscille entre 1 et 2%, selon les années, l'érosion budgétaire pourrait être de l'ordre de 10 milliards sur cinq ans. La lecture des différents documents budgétaires, et la prochaine loi de programmation militaire, devraient nous éclairer sur cette importante question. N'oublions pas, par ailleurs, que l'annualité du budget laisse la porte ouverte à de nombreux gels, mises en place tardives, containtes en tout genre, qui empêchent l'engagement des dépenses sans possibilités de report...

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