La base aérienne 217, de Brétigny-sur-Orge, vient de rendre son drapeau (celui de la 62e escadre de transport) au service historique de la Défense, qui ne va bientôt plus savoir où les mettre tant le rythme de fermeture des unités de nos armées est soutenu en ces tristes heures économiques. La base baptisée Colonel Félix Brunet, qui se distingua comme pilote de chasse mais aussi aux commandes des hélicoptères armés dont il écrivit les premiers concepts d'emploi, abrita aussi le célébrissime Centre d'essai en vol, CEV, jusqu'en 2004 qui profitait d'une des plus longue piste d'atterrissage de France sur plus de 750 hectares. 

Pas sûr que les économies ainsi générées feront oublier les belles et heureuses heures aéronautiques de ce lieu qui permit à tant de prototypes de prendre leur envol et de battre de multiples records.

N'oublions pas que le budget de la Défense national, dont chacun pense qu'il pourrait offrir quelques solutions d'économies dans cette période de vaches maigres, est surtout constitué de frais de soldes et de retraites, et qu'il serait peut-être temps d'arrêter de brader inutilement les bijoux de la couronne dont Brétigny fut sans doute l'un des plus beaux d'entre eux.

Je connais des ingénieurs d'essai retraités qui numérisent bénévolement les rapports d'essai et la précieuse documentation du CEV en vue de les sauvegarder pour les générations futurs. Sûr que le silence abyssale des grands hangars, cette fois définitivement délaissés, leur donnera beaucoup de regrets.

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