Le Gripen, mono réacteur suédois, et le Rafale français sont incomparables, et la seule raison qui pourrait pousser les aviateurs brésiliens à préférer un avion moins performant comme le Gripen (qui est un plan B des américains au plan du moteur, du radar et des commandes de vol) est liée au coût (Coût d'achat, d'entretien, et coût à l'heure de vol), la même qui a poussé le Maroc à se doter du F-16 plutôt que du Rafale. Pour les pilotes, ce coût élevé signifie moins d'avions en ligne et moins d'heures de vol, réel handicap qui explique pourquoi les pilotes de l'USAF préfèrent être sur F-15E plutôt que sur F-22 Raptor (top de la technologie si coûteux que le président Obama vient d’en limiter le nombre) pour voler davantage.

Le Rafale, merveille de technologie, est un luxe que seules les puissances économiques peuvent se permettre et la concurrence est rude, surtout du côté américain, tant le Rafale menace leur domination technologique, jusque là incontestée. En effet, le Rafale multi rôles, doté des nouveaux moteurs M88-X et du radar à antenne active (AESA), sera supérieur aux appareils américains, y compris le tout nouveau F-35.

La seule façon pour Dassault et le gouvernement français de vendre le Rafale est de le faire à la manière américaine, en trichant sur les prix. C'est ce que le président Sarkozy vient de faire avec son homologue brésilien Lula, comme les américains l’avaient fait pour imposer le F-16 partout dans le monde. En échange l'État devraient compenser le manque à gagner pour l'industrie française en dopant la commande de Rafale pour ses forces armées (c'est la recette F-16). Le chiffre avancé par la France serait de l'ordre de 5 milliards d'euros pour 36 avions...en arrière plan de cette négociation politique d'autres marchés potentiels se profilent auxquels il faudrait consentir les mêmes conditions. Ce qui est possible au Brésil, qui a acquis par ailleurs d'autres armements français (sous-marins, hélicos...) rendant la transaction globalement positive, ne le serait pas forcément pour d'autres acquéreurs (Suisse, Emirats., Libye..). Vendre "à perte" le Rafale au Brésil, pour finalement flatter notre prestige national, ne serait pas forcément une bonne affaire...

Remarques :

Les transferts de technologies du Rafale envisagés en cas d’achat par le Brésil concernent majoritairement des savoirs-faire déjà disponibles dans de nombreux centres de recherche. Les toutes dernières technologies non transférables concernent la métallurgie de la tuyère, la furtivité, la super croisière, le pilotage numérique par ordinateur, le radar 360, que Dassault développe pour ses nouveaux programmes, dont le Neuron (avion sans pilote).

La commande de 60 Rafale supplémentaires pour l'Armée de l'air et la Marine (loi de finance 2009) , livrés avec le radar AESA, et qui vient d'être notifiée par le ministre de la défense , s'adaptera ,pour ses livraisons à la contrainte de l'export. Un client pressé pourrait bénéficier d'un ou de plusieurs exemplaires initialement prévus pour nos forces ... qui attendront !

Des éléments électroniques (puces) d'origine américaine, et équipant le Rafale, pourraient contrarier les ventes, en cas de véto des Américains sur l'exportation de ces composants. Dassault chercherait à faire fabriquer ces éléments ailleurs...

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