Passant sur le boulevard périphérique, à côté de Balard, qui devrait bientôt regrouper tous nos états-majors dans un gigantesque « Balardgone », j’ai remarqué que la grande tour vitrée, où j’allais jadis prendre une douche après mon footing matinal, avait déjà bien grandi et presque doublé de volume tandis que la parcelle B, autrefois dépôt des cars de l’autre côté de la route, était désormais en travaux et cernée d’une haute clôture. Tout ce qui se fait de plus puissant pour le commandement de nos armées sera bientôt là, dans un remake de pentagone à la française, au nom de cohérence et d’économie.

En passant, je me suis dit aussi que les directions et les commandements d’armées seront bientôt si imbriqués les uns aux autres qu’on pensera certainement à banaliser progressivement les structures de commandement propres à chacune d’elles, en réduisant fortement puis en supprimant carrément leurs états-majors respectifs, et pourquoi par leurs chefs d’état-major. Même si la diminution des personnels des différents états-majors est en cours, j’espère que chaque armée gardera encore longtemps un général cinq étoiles à sa tête, pour éviter de transformer nos armées, Terre, Mer et AIR, en de simples composantes de forces, avec des administrateurs civils à la tête des grandes directions de soutien...

A ce sujet, souvenons-nous de la tentative canadienne d’en faire autant, il y a quelques années, en fondant aviateurs, marins et terriens, dans la même entité, tous portant le même uniforme, avant de faire machine arrière pour redonner à chacun sa véritable identité et retrouver dynamique de groupe et efficacité. Souvenons-nous aussi de tout le mal qu’a eu l’armée de l’air pour exister comme telle, avec ses spécificités et ses différences, pour le plus grand bien de nos forces, et combien il serait stupide et mal venu de faire un désastreux retour en arrière.

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