Airbus-A330.jpgInutile de tirer sur le pianiste ou plutôt sur les pilotes de ce pauvre Airbus A330 qui a chuté sous forte incidence dans les eaux froides du pot au noir. Certes, les avions modernes, naturellement instables, n’ont pas ce décrochage franc et massif, qui vous stresse tout jeune pilote en basculant vers l’avant, mais tout de même, cet enfoncement rapide, quasiment à plat, de quelques trois minutes et demi, aurait dû permettre à l’équipage de rectifier la pente en rendant la main pour reprendre de la vitesse, de la portance, et rejoindre un cas de vol connu. Encore fallait-il avoir de quoi analyser la situation et, décision prise, un temps suffisant pour appliquer des ordres adaptés aux commandes de vol, ce qui ne semble pas avoir été le cas. Les sondes givrées ne donnaient rien de lisible et les alertes de pannes, tour à tour allumées sur le tableau de bord, en vinrent à faire douter du peu d’indications restantes sur l’instrument de secours. Ajoutez à cela l’inertie de l’appareil, les conditions météo exécrables, le vol de nuit, etc. Remarquons aussi que cette position inusuelle n'est plus abordée en vol par les pilotes en qualification (ce qui se faisait encore sur Caravelle) et difficile à démontrer au simulateur.  Je ne sais pas ce que ces victimes innocentes, que ce soit les passagers ou l’équipage de cet avion en perdition, ont pu penser dans leurs derniers instants de vie, mais j’espère que cette tragédie permettra de corriger le tir dans un certain nombre de domaines autant techniques que procéduriers, dont le faisceau d’insuffisances convergentes a conduit à la catastrophe. Les grands progrès de notre si chère aviation ont toujours été payés de sacrifices et de larmes. Ne doutons pas que cette fois encore un grand pas sera fait vers plus de sécurité, lorsque tous les enseignements auront été tirés sur ce terrible  accident.

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