la_projection_de_puissance.jpgSi le porte-avions a fait la preuve de sa combativité lors de son dernier engagement près des côtes libyennes, il faut bien reconnaître qu’il a aussi montré ses limites en épuisant assez rapidement ses hommes et son potentiel jusqu’au point de renoncer à la bataille qui continuait,  côté français, avec les seuls appareils de l’armée de l’air. Alors que le bateau regagnait Toulon, il s’est même dit que désormais quatre Mirage 2000 Air basés à Souda,  en Crête,  allaient suffire à combler le créneau d’effort jusque-là occupé par les appareils du PA, sous entendant de fait que ce grand bateau était un moyen coûteux aux capacités opérationnelles limitées. Sans rallumer les feux des rivalités entre la Marine et l’Armée de l’air et regretter que les propositions du dernier Livre blanc, qui envisageait sérieusement une prise de contrôle de l’aéronautique navale par l’Armée de l’air, n’aient pas été poussées jusqu’au bout, il faut se reposer la question de la gestion globale de nos moyens aériens et trouver en national et en international les complémentarités nécessaires pour disposer à terme d’un outil efficace, moderne, et complètement dégagé des vieilles querelles du passé. La réduction prévisible du format ne nous laisse plus le choix de ne pas optimiser la gestion des moyens existants et des personnels concernés. L’histoire commune de l’Aéronautique navale et de l’Armée de l’air doit ouvrir une nouvelle page sans réticences ni idées préconçues. A l'heure où une deuxième flottille de la Marine passe sur Rafale (à terme trois flottilles à 15 avions) et qu'à peine dix escadrons de chasse demeureront vraiment opérationnels (1/2 Cigognes, 1/3 Navarre, 2/3 Champagne, 2/4 Lafayette, 2/5 Ile de france, 1/7 Provence, 2/33 Savoie puis 2/30 Normandie-Niemen, 1/91...) il est grand temps de penser à gérer la misère en commun.

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