Les évènements actuels et attendus dans la gouvernance des pays africains, qui  promettent peut-être des jours sombres, comme le prouvent les violences récentes au Kenya, au Zimbabwe, et plus récemment en Guinée, et au Niger, militent grandement pour le maintien de nos capacités militaires là où nos ressortissants sont nombreux (et donc aussi nos intérêts économiques), et où les infrastructures existantes peuvent servir de basse d’accueil et d’escale à nos forces. De ce point de vue les sites de Libreville, de Dakar, mais aussi Djibouti où l’on a beaucoup investi, doivent rester des ports d’attache et d’escale, sans pour autant y déployer en permanence des effectifs importants comme c’est le cas à Djibouti notamment.  

Pour ce qui concerne nos forces positionnées, Djibouti bénéficie toujours d’unités terrestres et navales importantes et d’un escadron de chasse équipé de Mirage 2000, héritier d’une longue tradition de présence (AD4, F-100, Mirage III-C). Ne faudrait-il pas repenser ce dispositif extrêmement solide et structuré mais qui n’a jamais été très dissuasif au plan régional (Somalie « en vrac », guerre Erythrée Ethiopie…) et dont la principale vertu a été de calmer les velléités au moment de l’indépendance de Djibouti, tout en fournissant à nos forces un terrain d’entraînement idéal.
Rappelons, au passage, que la force Epervier basée au Tchad compte plusieurs Mirage.

Il faut se souvenir aussi que les bases africaines ne sont qu'à quelques heures de vol de l'hexagone et que deux ravitaillements en vol permettent de les rejoindre rapidement. N'oublions pas non plus que la présence de nos chasseurs en "show of force", avec des équipages parfaitement acclimatés et familiers des zones d'action, constitue un élément important de paix et  de stabilité. La simple présence des valeureux Jaguar à Dakar ou N'Djamena, et la crainte qu'ils inspiraient dans les années 70-80, a permis de dissuader certains véléitaires musclés de passer à l'acte...  

 

La volonté de redéployer l'ensemble de nos forces suivant les principes édictés par le Livre Blanc vient de signer l'abandon de nos installations de Dakar (il resterait 300 militaires sur place) au profit de Libreville qui sera notre seule implantation permanente sur la façade atlantique et dont les installations regroupées présentes quelques avantages.  Cette décision politique, prise en février 2010, consacre le grand Arc d'intérêt Ouest-Est començant à Libreville et se terminant aux émirats, en passant par Djibouti (qui devrait perdre aussi quelques 600 militaires au profit de la base d'abu dabi) qui reste d'actualité en raison du piratage en océan Indien et de la proximité de zones plus que jamais sensibles pour le terrorisme international (Yemen...)

Retour à l'accueil