Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Richard FEESER

Assistons-nous progressivement à l'obsolescence du système d'armes baptisé "avion de chasse" apparu durant la première guerre mondiale ?


La réponse n'est pas simple. On connaît des précédents dans d’autres armes, avec la disparition des grands cuirassés des années 40, de la cavalerie à cheval…

Le besoin de supériorité aérienne, c'est-à-dire de domination de la 3eme dimension, est plus prégnant que jamais pour les guerres futures…L’aviation permet la concentration immédiate de la puissance de feu sur un large territoire et dans la profondeur du dispositif ennemi. Et donc interdire l’exercice de cette puissance à l’adversaire est une condition du succès qui nécessite d’avoir la supériorité aérienne par tous les moyens. C’est une constante enseignée dans toutes les écoles de guerre : l ‘acquisition de la supériorité aérienne et un préalable à tout autre engagement, car elle empêche l’adversaire de faire peser une menace inacceptable sur les troupes alliées en les privant par ailleurs de toute mobilité.

On peut envisager des tas de possibilités dépendant de l’évolution des technologies et des doctrines pour dénier à l’adversaire l’exercice de sa puissance aérienne. En fait les paramètres principaux qui orientent la manière dont la supériorité aérienne s’obtient par avions pilotés ou pas sont de trois ordres :


·        L’autoprotection et la discrétion grâce à la furtivité, et aux contre-mesures actives et passives rendant l’appareil « invisible et invulnérable »


Il s’agit là d’un domaine de recherche permanent qui a abouti à des appareils comme le F117 ou le  F-22 Raptor (le top du top américain) dont la signature radar est celle d’une boule de pétanque et qui sont équipés de moyens d’alerte et de brouillage et de leurres contre les radars ennemis, au sol ou embarqués, et contre les missiles infrarouges et électromagnétiques…

 


·        La réactivité, la manœuvrabilité et l’autonomie, c’est à dire la capacité à faire face à l’imprévu.

« L’intelligence » du vecteur aérien doit lui permettre de s’affranchir du brouillage éventuel des liaisons qui le renseignent sur la situation tactique, la position et la force de la menace et des amis, et le pilotent dans le cas d’un drone. La vulnérabilité des liaisons hertziennes ou autres ne doit pas être un handicap qui le prive d’autonomie. La manœuvrabilité et la réactivité permettant de contrer les initiatives de l’adversaire de façon rapide et déterminé, en appréciant ses capacités et sa tactique, en le surprenant, doivent s'être également acquises…l’effet de surprise !


·        Les coûts d’achat et de possession ainsi que le taux d'attrition prévisible entrent pour une bonne part dans le « deal » de faisabilité…


Si les drones armés ou pas mènent une belle guerre en Afghanistan, dans un contexte de supériorité aérienne quasi absolue, ils ne répondent pas à tous les critères énoncés précédemment, en particulier pour les missions de défense aérienne Air Air où leur réactivité est faible et où la difficile question de l’identification de la cible pour éviter les tirs fratricides ajoute à la complexité. L’intelligence artificielle évoluera à leur profit au point de pouvoir leur confier plus de missions seuls ou en flottille, avec d’autres appareils pilotés pour les guider. Les avions de chasse actuels et attendus comme le F-35 leur sont encore largement supérieurs et pour longtemps…

 

             Vous pensez Cyber..?

 

Une autre idée répond à tous ceux qui imaginent volontiers une guerre "presse-bouton" par l'intermédiare de robots qui attaqueraient et défendraient en affrontant d'autres robots sophistiqués,... un scénario hollywoodien. Ce serait sans compter sur la cyber guerre s'en  prenant aux "hard "et au  "soft" des ordinateurs , des systèmes et des réseaux qu'il faudra protéger et durcir de mieux en mieux ,et pas seulement par des cages de Faraday mais aussi par des barrages anti intrusion., anti brouillage, anti.. la guerre électronique cybernétique, offensive et défensive, a de beaux jours devant elle... Barack Obahma ne vient-il pas de créer un "cyber" commandement militaire prenant en compte cette difficile question ?


Ouf je vais pouvoir garder ce blog encore quelque temps !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Richard Tissot 22/06/2009 23:22

Je pensais plutôt qu'il pouvait s'agir d'éviter d'envoyer des hommes au casse-pipe... et peut-être de faire des économies : la formation et l'entretien des pilotes de chasse coûte probablement plus cher que ce que coûte un opérateur de drones... Je dis cela mais tu es bien plus au fait de ces questions que je ne le suis moi-même... Je me range donc à l'avis de "l'homme de l'art" que tu es ! Amicalement. 

Richard FEESER 23/06/2009 09:09


Les économies en tout domaine pas vraiment , car le drone idéal coûte cher. La question de la formation des pilotes de drone est traitée dans ce blog dans un autre article, il ya des économies à
attendre sur ce poste c'est vrai.
Ne pas exposer nos combattants... certes mais ce n'est pas la seule vertu du drone qui peut aussi rester en observation sur une position de longues heures (12 heures en moyennes) sans besoins
physiologiques d'aucune sorte. Un drone n'a pas chaud , ni froid et n'a pas plus besoin de respirer que de pisser...


Richard Tissot 22/06/2009 22:49

Très intéressant, ton article, parce que très pédagogique ! Même les béotiens dans ton domaine de prédilection peuvent aisément comprendre les enjeux... Personnellement (et je ne suis pas Normand) je n'ai pas de jugement tranché. Il me semble que les avions de chasse pilotés et les drones sont complémentaires, et qu'il faut donc garder ls deux.

Richard FEESER 22/06/2009 23:09


...c'est le cas en ce moment mais certaines théories sur le devenir de nos forces aériennes prédisent parfois une disparition pure et simple des chasseurs pilotés. La tentation de pouvoir remettre
"la main dessus", en expliquant qu'il ne faudra plus forcément avoir le sens de l'air pour piloter l'engin, est dans certains esprits qui ne digèrent toujours pas l'autonomie de l'armée de l'air...
Il y a, dans le discours de ceux qui n'y connaissent rien (ou font semblant), toujours un peu de perfidie !