Ce que je ne sais pas sur le crash du vol Air France 447 entre Rio et Paris… en réponse aux nombreuses questions que l’on me pose sur le sujet.

 

Les éléments actuellement disponibles indiquent une destruction de l’appareil en altitude et la dispersion des débris et des corps sur une zone maritime de près de 85 kilomètres de long et d’une profondeur allant jusqu’à 4600 mètres. A l’heure où j’écris ces lignes plus de 400 débris ont été retrouvés ainsi que 50 victimes, nues et ne portant pas de gilets de sauvetage, ce qui exclut l’hypothèse d’une tentative d’amerrissage. Lors du crash, l’avion est resté muet, car aucun message radio de détresse n’a été reçu sur les ondes.

 

Les problèmes de sondes anémométriques, la météo exécrable, la foudre, le givrage, un attentat, une explosion, toutes les hypothèses ont été évoquées pour expliquer ce crash. Reste qu’un accident aérien est toujours le résultat de causes multiples techniques et/ou humaines qui mènent à la catastrophe.

Les sondes anémométriques « Pitot », un moment accusées, ont été changées sur les avions incriminés, Airbus 330 et 340, selon le principe de précaution. Ces sondes auraient pu geler (elles résistent normalement jusqu’à des températures de -80°c) et livrer de fausses indications de vitesse aux pilotes suscitant des actions sur les commandes inadaptées. Des cas d’accidents liés à une fausse indication de survitesse, et conduisant à une réduction des gaz par le pilote menant au décrochage puis à la perte de l’appareil, restent dans toutes les mémoires (accident de l’avion du PDG de la GMF sur le mont Cameroun…). Par ailleurs, les ordinateurs de bord calculant la vitesse derrière les sondes anémométriques peuvent aussi tomber en panne et donner des ordres aberrants au pilote automatique qui est alors débrayé, mais aussi directement  aux gouvernes de vol qui n'ont plus de liens directs avec les commandes "Fly by Wire" actionnées par le pilote. C'est ce qui est arrivé en octobre 2008 à un avion de la Quantas qui a fait deux piqués brutaux non commandés par le pilote, blessant grièvement plusieurs passagers (les sytèmes en cause ont été modifiés sur tous les apprareils Airbus et Boeing concernés)


Les systèmes numériques redondants de contrôle de vol (cinq ordinateurs de bord sur Airbus) et l’entraînement des équipages, qui apprennent à piloter l’appareil en situation dégradée et donc sans pilote automatique ni indication de vitesse, doivent limiter les pannes système et permettre de maîtriser les situations critiques. Un régime moteur et une position de maquette sur l’horizon de secours donnent une vitesse pour chaque altitude. De plus les centrales à inerties et autres GPS donnent une vitesse sol indépendante des prises Pitot…

 

Les recherches mettant en œuvre des moyens aériens et maritimes considérables continuent pour avancer dans l’enquête et localiser les deux boites noires contenant sans doute les clés de l'énigme que demeure cet accident aérien.

 

Le 4 avril 2011:  les débris importants de l'appareil viennent d'être retrouvés par 4000 mètres de fond (ailes, moteurs...) lors de la troisième campagne de recherche. Espérons que les boites noires seront enfin accessibles pour lever ce qui reste à ce jour comme une véritable énigme.

Le 1 mai 2011 l'une des boites noires est retrouvée...le 3 mai la deuxième; elles sont toutes deux en bon état: et lisibles; bientôt la tragédie aura une explication.

 

 

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