Tandis que les décisions du « Livre blanc sur la Défense » se mettent progressivement en place, les armées, Terre, Mer, Air, se réorganisent ainsi que les Services (Santé…), encore que...

L’Armée de terre vient de publier en grande pompe un nouvel « ordre de bataille » de ses forces militaires en unités et brigades, sans trop parler de ses nombreux et inutiles états-majors (à quoi servent les régions Terre ?)

La Marine, proche du palais et ainsi bon élève, et consciente des efforts de réorganisation à faire, souligne néanmoins la bonne adéquation entre ses moyens et ses personnels, en particulier dans l’Aéronavale, qui accepte cependant certaines fermetures de bases…

Tandis que l’Armée de l’air, qui vient d’achever une réorganisation courageuse et fonctionnelle des  états-majors et ose se plaindre de la lourdeur de ses missions permanentes outre-mer (Dom Tom, 1000 hommes, 30 appareils), est attaquée de toute part pour sa mauvaise gestion et ses effectifs pléthoriques. Certains ont même parlé de « foutoir » dans la gestion, vocable d’autant plus excessif qu’il laisse entendre qu’on se la coule douce dans l’aviation, ce qui n’est vraiment pas le cas.

Et pourtant, les politiques ayant pris leurs responsabilités en acceptant la fermeture de plusieurs grosses bases aériennes, d’ici à 2012 (dont les retombées économiques sont loin d’être négligeables), la réduction des effectifs de l’Armée de l’air est déjà engagée vers un objectif de 50000 hommes, soit 25% de moins qu’actuellement (pas rien donc, en plus sur très courte période !)

Malgré cette évolution connue, et cette diminution considérable en cours, l’attaque actuelle porte sur le fait que le nombre final de bases aériennes (15 grosses plateformes et une dizaine plus petites) devrait logiquement aboutir à un effectif de 40000 personnes soit 10000 de moins que prévus...

Sans penser que les efforts demandés à l’Armée de l’air sont totalement injustifiés, il faut savoir qu’un flux de personnels, entre arrivée et départ, s’inscrit forcément dans un cadre statutaire qui n’autorise pas toute la mobilité souhaitée (ne vient-on pas d’augmenter les limites d’âge ?). Par ailleurs, agir sur le recrutement, en limitant les entrées, génère un vieillissement des personnels peu compatible avec la logique d’action qui prévaut dans nos armées.

Le respect des statuts et la recherche d’une pyramide des âges idéale s’accommodent mal des coups de barre trop brusques, même si des mesures spéciales de dégagements des cadres et de reclassement des personnels en secteur civil peuvent s'adapter à la période de récession si difficile que nous connaissons. Ces réalités et le poids du passé (flux déjà généré et ayant une incidence sur les années futures)   s'imposent à tout gestionnaire de personnel dont la marge de manoeuvre est limitée. C'est sans doute ce qui a permis à l’Armée de l’air de valider son format futur auprès des décideurs chargés d’établir ses droits budgétaires en matière d'effectifs.

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