Notre photo: Le Harfang ( ex-SIDM) de l'armée de l'Air (crédit JMT). La boule optronique à l'avant comporte cinq voies, dont une infrarouge, une optique (avec différents grossissements), et trois voies laser (télémétrie et désignation). Le nez bombé héberge l'hexapod, antenne satellite articulée révolutionnaire. Le SAR (avec fonction MTI) est logé sous le ventre, au niveau de l'emplanture des ailes.
Cette merveille technologique peut voler longtemps (vol moyen de 12 heures) et opérer de jour et de nuit (Atterrissage de nuit possible). Autant dire que les quatre appareils dont dispose l'armée de l'air actuellement, et qui font "un carton" en Afghanistan ébranlent quelques idées largement répendues sur les limitations opérationnelles de ces drones.
Sachant que la version armée, c'est à dire capable de délivrer un armement existe déjà, on se demande si cette petite machine sans pilote ne serait pas en train de supplanter certains appareils jusqu'ici pilotés.
Comme ancien pilote de reconnaissance, qui connaît assez bien la question, je dois admettre que ce type d'engin permettant d'observer et de transmettre en temps réel les informations recueillies, par l'intermédaire d'un satellite de télécommunication, est plus que séduisant et doit plus que jamais faire partie de notre panoplie guerrière. Souvenons-nous qu'il n'y a pas si longtemps on se contentait d'attendre le retour de l'appareil de recconnaissance pour donner quelques informations sur la chose observée, interprétation des clichés faite et après un certain temps que nous nous efforcions de contracter. Les délais assez longs entre le recueil du renseignement et la mise à disposition de l'information au décideur était un réel handicap.
On est désormais dans une autre période où la surveillance continue du champ de bataille avec la possibilité de détecter les échos mobiles (système MTI du radar SAR) et de transmettre l'information en temps réel est devenue une réalité. Si le temps est enfin dominé, le flot d'informations ainsi détecté pose plus que jamais la question du tri et de l'interprétation des images recueillies dans un large spectre de fréquence (radar, infrarouge, visible...) et du classement des informations ainsi obtenues. Le rôle des officiers de renseignement formés à cette réalité sera de plus en plus déterminant, comme nous le savions déjà lorsque nos équipes de la 33 eme Escadre de reconnaissance gagnaient les compétitions interalliés Royal Flush dans les années 1970...
Retour à l'accueil