Question :

 

Je viens de regarder un joli film sur les patrouilles acrobatiques, et j’aurais une question aux spécialistes à propos des écarts entre les avions en formation de patrouille serrée. On nous parle souvent d'écarts de "quelques dizaines de centimètres" ou de "moins d'un mètre" entre les appareils en présentation alors que les images ne montrent pas une telle proximité. En tenant compte des dimensions des appareils et des décalages dans tous les plans, je ne pense pas que les avions soient à beaucoup moins de deux mètres l'un de l'autre, sauf peut-être très fugitivement, comme chez les Blue Angels, patrouille américaine renommée pour voler très près...

Qu'en est-il vraiment ?

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Réponse :

La tenue de patrouille serrée répond au respect de trois paramètres entre deux avions: le retrait (en avant, arrière), l'étagement (plus haut, plus bas), l'écartement (écart latéral). L'écart de vitesse en ligne droite entre deux appareils est nul (pas le cas en virage). Les valeurs de ces trois paramètres, qui monopolisent toute l’attention du pilote ainsi que la vitesse relative, permettent de définir précisément la position idéale entre les appareils afin que la sécurité ne soit pas engagée, en cas de fausse manoeuvre de l'un ou de l'autre des appareils, et qu'elle puisse être tenue longtemps et en toutes conditions (dans les nuages, de jour, de nuit). Cette formation permet de garder une grande cohésion de patrouille, pour une traversée de couche nuageuse par exemple ou le recueil d’un avion en difficulté et son retour vers le terrain,comme un chien guide d’aveugle le ferait pour son maître.

Comme les pilotes de chasse ne voient pas les ailes de leur propre avion des repères visuels sont définis pour faciliter la tenue de patrouille et permettre à l'équipier de se placer correctement par rapport à l'avion du leader. L'écartement entre deux avions peut être faible si un étagement suffisant permet d'assurer la sécurité.

Dans le cas des patrouilles acrobatiques ces trois valeurs peuvent être réduites, compte tenu de l'entraînement et de la confiance qui règne entre les équipiers: quelques mètres entre deux Alphajet, quelques centimètres entre deux Cap10. On a vu une patrouille de Cap 10 décoller avec les ailes des deux équipiers reliées par un cordon d’un mètre environ. Cette patrouille de Cap 10 était les "Porthos", deux pilotes d'essais du Centre d’essais en vol CEV : Denis Legrand et Claude Lelaie qui vient de faire le premier vol de l’A380…


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