Et si cette fin d’année nous laissait le loisir de nous poser quelques questions sur l’état de notre aviation de chasse et plus largement sur celui de notre chère armée de l’air ?

Où en est la Chasse ? Tient-elle toujours le haut du pavé ? Brille-t-elle toujours au firmament ?

A y regarder d’assez près, il semblerait que l’éclat de notre fiérote se soit légèrement terni ces derniers temps, même si le théâtre afghan et ses Rafale lui permettent plus que jamais de donner sa pleine mesure au service de la paix, grâce au professionnalisme et la fougue des équipages. On en parle, certes, mais ne parle-t-on pas aussi beaucoup de l’hélicoptère Caracal, fabuleux engin dont les récentes prouesses opérationnelles en Afghanistan, largement relayées par les médias, suscitent tous les éloges. Si l’on parle autant de cet hélicoptère efficace, et somme toute modeste, notre cher fer de lance Rafale, ou prétendument tel, biréacteur et souvent biplace, ne serait-il pas ipso-facto légèrement déclassé ? Bref, le succès mérité de ce nouveau venu dans notre panoplie guerrière ne porterait-il pas ombrage à notre vaillant chasseur ?

Il faut bien reconnaître que le Caracal, ce Saint Bernard des temps modernes, qui sauve plus qu’il ne menace (ne vient-il pas aussi de prendre l’alerte SAMAR en Bretagne, secours en mer, pour soulager les vieux hélicos Super Frelon de la Marine), correspond assez bien à ce qu’attendent et apprécient nos compatriotes de leur armée, une assurance vie, dont le Caracal est devenu l’éclatante illustration. Félicitons-nous de l’intérêt suscité par ce bel engin, évidemment plus accessible et visible à tous qu’un joli Rafale (Ne peut-il pas aussi embarquer, le cas échéant, journalistes et photographes ? ce qui aide à sa promotion !), mais n’oublions pas que sa mission principale, justifiant son existence, est la SAR de combat : aller récupérer un pilote de chasse tombé dans les lignes ennemis… (Pas de Rafale, pas de Caracal, donc !)

Pas de jalousie ni d’amertume dans ce propos mais une simple constatation : la communication médiatique du Rafale, et plus généralement de notre aviation de chasse, est trop modeste et devrait être repensée pour une meilleure place dans l’esprit des Français, la toute première ? Le Rafale n'est-il pas lui aussi un oiseau de paix, un  vrai sauveur ? 

Consolons-nous, quand même, en sachant que le Caracal est servi par des personnels de l’armée de l’air dont nous avons tout lieu d’être très fier. Leur gloire est un peu la notre et bravo à eux.

 

  Heureusement, le Rafale souffre sans doute moins de cette relative discrétion médiatique que de ses problèmes de disponibilité, maladie chronique de notre flotte aérienne, et qui le prive d’une bonne part de ses moyens pour cause de maintenance, manque de pièces détachées... Les prévisions en la matière sont loin d’être atteintes et un petit 60% d’avions disponibles, légèrement supérieur au 50% des Mirage 2000 et F1, ne permet pas de pavoiser. Presque un avion sur deux n’est pas en état de voler.

Ça devrait s’améliorer ! C’est ce qu’on dit depuis longtemps sans les résultats attendus.

Et il y a plus malheureux du côté de l’aviation de transport où les retards de l’A-400 M, qui n’a toujours pas fait son premier vol pour cause de problèmes moteurs, mettent les armées plus que dans l’embarras avec une flotte de C-160 Transall et C-130 d’Hercules à bout de souffle. On étudie une solution de secours…

 

Secours, voilà bien le maître mot de l’année 2008, année de la grande peur, de la crise et du grand doute économique, et qui nous invite à sacrer l’hélicoptère Caracal, aéronef de l’année (et en plus on va le vendre aux Brésiliens ; c'est vraiment une réussite en tout domaine...).

Ailleurs lynx du désert et petit félin nocturne vif et discret, nous lui souhaitons, comme à vous, chers lecteurs et amis chasseurs, beaucoup de succès et une très belle année 2009.



... en passant un coup de chapeau à un équipage de Caracal qui vient de se voir décerner la Grande médaille d’or de l’Aéro-Club de France.

C’est en gardant à l’esprit la devise de l’escadron « Combattre et sauver » que les aviateurs de l’escadron « Pyrénées » ont accompli leur mission sans faillir à bord de l’EC 725 Caracal. Ce jour-là, le 18 août 2008, ils ont bravé le danger pour récupérer les combattants de l’armée de terre au péril de leur vie. « Nous prenons cette médaille à titre collectif, pour tous les équipages engagés dans cette opération interalliée et interarmées », déclare le lieutenant-colonel Celo, cdt en second de l'escadron et cdt de bord ce jour là.

 

Retour à l'accueil