Les premières informations concernant le Livre blanc sur la Défense fixent le contrat opérationnel de l’armée de l’air ainsi :

 

L’armée de l’air devra être capable de projeter 70 avions de combat, pouvant réaliser 100 sorties par jour pendant deux mois. Dans le même temps, dix avions resteraient en alerte pour d'autres opérations ponctuelles, alors que la posture permanente de sûreté (défense aérienne du territoire) est assurée.

 

Ces chiffres, bien sûr, parlent d’eux même et marquent une très forte réduction de notre aviation de chasse, qui pourrait se situer autour de 200 Rafale Air ( 10 escadrons) si l’on intègre les contraintes liées à la disponibilité des machines (au mieux 60 %, ce qui pour 80 avions opérationnels signifie 135 appareils), à la tenue d’alerte de défense aérienne (25 appareils en période normale) et aux 40 Rafale des escadrons nucléaires, forcément laissés en réserve.

 

A ces appareils s’ajouteront les Rafale Marine, capables d’apponter sur le seul porte-avions restant à flot (le Charles de Gaulle. La décision pour construire ou pas le PA2 ne sera prise qu'en 2011...), et qui pourraient représenter une ou deux flotilles, soit une quarantaine d’appareils ou plus.

 

En tout nous arrivons à 240 Rafale, loin des 400 avions attendus 

En intégrant les Mirage 2000D modernisés pour voler au delà de 2020 on aurait une flotte de chasseurs de:
60 Mirage 2000D + 180 à 200
Rafale Air+ 40à 60 Rafale Marine


Ces chiffres brutaux et incomplets, s'ils ne sont pas replacés dans leur contexte opérationnel et logistique, ne disent pas comment seront formés et entraînés nos équipages (qui ne peuvent pas le faire en opérations), et comment sera amélioré le maintien en condition opérationnelle des appareils (MCO=disponibilité) qui peine à atteindre les 50% aujourd'hui (quasiment un appareil sur deux est cloué au sol, faute de rechanges, et se voit parfois voué au rôle d'avion magasin). Remarquons que le Rafale a heureusement un faible taux de panne, surtout en opérations.
Par ailleurs, le nombre de sorties affichées (100/jour), un peu plus d'une sortie par appareil projeté, pose les difficiles questions liées à l'armement , au guidage, au ravitaillement en vol, et bien entendu au personnel (sur place et pour la relève), dont l'état-major ne manquera pas de s'emparer.

On pourrait aussi faire un compte un peu différent, en disant que pour un avion engagé sur un théâtre il en faut trois (taux en général appliqué pour toute action inscrite dans la durée... ce qui n'est pas exactement notre cas), et dans ce cas on trouverait 240 Rafale auxquels on ajoute 40 Rafale NUc, soit 280 Rafale Air... juste de quoi rêver !

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