LA GRANDE AVENTURE DE LA CHASSE

Meeting aviation ferté Alais mai 2010 014





Il avait ce défaut commun je crois à nombre d'aviateurs, et qui devient chez eux une déformation professionnelle:

"La vie ne prenait pour lui sa parfaite saveur que risquée"

 


André Gide à propos d'Antoine de Saint Exupéry

 

Cliquez sur les liens ci-dessous !

 

Officier pilote Officier pilote

 

Dernier vol1 Dernier vol1



Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 12:00
Voici un petit historique de l’aviation de chasse du premier réacteur à nos jours… 
 
Tout commence en 1950 au Centre de transformation sur avions à réaction (CTAR) où les fiers, enthousiastes, et heureux jeunes pilotes, découvrent le Vampire I de construction britannique. Bipoutre, aux lignes pures, élégant et simple (ni siège éjectable, ni rallumage en vol, ni anti-g, ni casque), il donne désormais accès aux hautes altitudes (12000 mètres) où il règne sans partage. Facile et agréable à piloter, il « glisse dans l’air » malgré des performances encore modestes.
Après un mois de transformation au CTAR de Mont-de-Marsan, les pilotes rejoignent les escadres de chasse et le Vampire V plus performant. Une activité aérienne intense et variée, aux nombreux points d’orgue valorisant les chasseurs aux yeux du grand public (défilés massifs, patrouilles acrobatiques, courses, chizes…), permet de former ces pilotes dont on emménage le rythme de vie et les menus PN (personnel navigant). Les jeunes équipiers suivent en silence sans rechigner, les anciens accèdent au brevet de chef de patrouille après de dures épreuves jugées par l’Inspecteur de la chasse ou le commandant d’escadre. Campagnes de tir, exercices et manœuvres, entraînements au combat, se suivent jusqu’aux limites, de jour, contraints par les conditions météo et les guidages d’approche dépourvus de radars.
 
Au milieu des années cinquante, avec la montée en puissance de l’Otan, l’aviation de chasse atteint un maximum de 850 appareils à réaction en ligne, grâce au Plan de développement quinquennal de l’aéronautique et au Plan d’Aide Mutuel américain. Certaines escadres tactiques s’équipent d’avions américains (F-84, F-86, F-100) tandis que d’autres voient arriver l’Ouragan. Des bases Otan sont créées, d’autres modernisées, les pistes allongées ; les effectifs de l’Armée de l’air sont doublés pour atteindre 140 000 hommes. Se pose rapidement les problèmes d’encadrement des unités de chasse nouvellement créées, et de sécurité des vols liés à la conception des machines et aux manquements des pilotes. Les formations de combat évoluent en fonction des enseignements de la guerre de Corée.
Simultanément la guerre d’Algérie voit se constituer des escadrilles de T-6, de Mistral et de Skyraider que nos brillants chasseurs arment pour de courts détachements d’un an ou plus.
 
A partir de 1955, les avions de chasse à ailes en flèche transsoniques apparaissent et leurs bangs supersoniques si dérangeants (Mystère IV, Vautour, SMB-2, F-100, F-84). Les missions d’assaut et de combat changent avec les capacités des appareils aux gouvernes plus efficaces, aux vitesses et aux rayons d’actions supérieurs. La moitié des escadres sont intégrées à l’Otan et adoptent les règles d’emploi et les procédures de la 4e ATAF (Force tactique alliée). La Défense aérienne, sous commandement national, se modernise à son tour, le système STRIDA d’identification et de guidage radar est lancé en 1959. La « sécurité des vols » est créée en 1954 pour sensibiliser aux risques et prévenir les accidents. Un centre d’entraînement au vol sans visibilité CEVSV sur T-33, où passent tous les pilotes, permet de s’affranchir de plus en plus des mauvaises conditions météo, tandis que les bases aériennes s’équipent de radars de détection et de finale SPAR à partir de 1954.
La menace ayant changée de nature avec le nucléaire, des raids de saturation et des redéploiements de sécurité pour disperser les appareils sont essayés sans succès lors des manœuvres de 1954 et font naître la doctrine Otan de « la riposte massive ». Les unités aériennes doivent désormais pouvoir passer à l’attaque sans délais. L’exercice Rebecca vérifie cette réactivité sans préavis et des missions « équivalentes » aux missions réelles planifiées sont exécutées.
 
A partir de 1957, les économies budgétaires provoquent la réduction du nombre d’appareils en ligne alors que le Mirage III C, premier avion de chasse supersonique tout temps, vient d’être lancé pour équiper les escadres de défense aérienne dont on attend beaucoup. 
La création en 1964 d’une force de dissuasion nucléaire dotée de Mirage IV à laquelle sont associés de très près les pilotes de chasse, requiert une surveillance du ciel et une évaluation de la menace dont l’intercepteur Mirage IIIC, capable de Mach 2 jusqu’à 21 km d’altitude est la pièce maîtresse. Dès 1961, Dijon et la 2e escadre de chasse essuient les plâtres de la mise en service de cet appareil remarquable mais aux nombreux problèmes de jeunesse (moteur, radar, train d’atterrissage, rechanges, armes, pilotage, barrières d’arrêt…) et qui devient totalement opérationnel en 1964.
 
Dans le cadre de l’Otan, l’armement nucléaire tactique américain est confié de 1963 à 1966 à deux escadres de chasse (3e et 11e) sur F-100 Supersabre, basées à Lahr et à Bremgarten en RFA, dix ans avant que ne soit constituée notre composante nucléaire tactique nationale sur Mirage IIIE et Jaguar. Le Mirage IIIC est ainsi le précurseur d’une longue lignée de chasseurs dont le Mirage IIIE est le premier avion totalement polyvalent. Son système de navigation et d’attaque doté d’un radar aux fonctions sol-air et air-air élaborées permet l’interception haute altitude comme la pénétration à très basse altitude tout temps, de jour et de nuit. Les Mirage IIIR, RD (reconnaissance), B, BE ( biplace), 5F (air-sol) font aussi partie de la famille et participent à la modernisation du dispositif.
 
En 1977, la défense aérienne dispose de moyens de surveillance et de contrôle automatisés, et reçoit en 1983 ses premiers Mirage 2000C, développant progressivement des capacités de tir vers le bas (2000-RDI) puis sur plusieurs cibles (2000-5). La force aérienne tactique, forte de plus de 300 appareils, renforçant notablement les capacités de l’alliance Atlantique vouée à « la réponse flexible », a des capacités reconnues et une large panoplie d’armements et de moyens d’autoprotection. Le ravitaillement en vol donne aux Jaguar et Mirage F1CR et CT l’allonge permettant d’intervenir partout.
L’arrivée des avions Awacs, radars volants, pour gérer et contrôler en vol tout un espace d’opérations, donne sa pleine maturité au couple contrôleur chasseur, en accroissant capacités et domaine d’action.
La famille Mirage 2000 s’agrandit bientôt avec les Mirage 2000N nucléaires et 2000D d’attaque au sol.
 
En 2005 l’arrivée en escadron de chasse des premiers Rafale bimoteurs multirôles, promis à de nombreux standards, ouvre une nouvelle page de l’aviation de chasse que de jeunes et enthousiastes pilotes ne manquent pas d’écrire sous nos yeux émerveillés en particulier lors de l'affrontement en Lybie de mars à novembre 2011. L'avion polyvalent fait alors merveille, décollant même, lors des premières missions, directement de Saint Dizier avant d'être déployé en Corse puis en Sicile à Sigonella, tandis qu'un détachement de Mirage 2000 se positionne en Crête à Souda. En tout une trentaine d'appareils prennent part aux combat, un moment épaulés par les avions de la Marine décollant du porte-avions Charles de Gaulle.
 

En juin 2008, le Livre Blanc sur la Défense redessine les contours de nos forces armées.

Il a pour effet de diminuer le nombre de bases aériennes (fermeture de Colmar, Cambrai, Reims…), et des unités de chasse regroupées sur quelques plateformes.

Fin 2011 la situation était la suivante:

 

Saint-Dizier : Un escadron de Rafale polyvalent (Provence), un escadron nucléaire de Rafale (Gascogne), un escadron de transformation Rafale air et marine (Aquitaine)

Nancy : Trois escadrons de Mirage 2000D (Navarre, Champagne, Argonne)

Istres : Un escadron de Mirage 2000N (Lafayette)

Mont de Marsan : Un escadron CEAM (Côte d’argent),  un escadrons de Rafale (Normandie-Niemen en cours de création ), un escadron de Mirage F1CR  CT Savoie

Orange : Un escadron de Mirage 2000 intercepteur (île de France)

Luxeuil-les-Bains : Un escadron de Mirage 2000 intercepteur (Cigognes)

Djibouti : Un escadron de Mirage 2000 (Corse)

Al Dhafra aux EAU : Un escadron Rafale (Lorraine)

 

Si les escadrons sont en principe dotés de 20 appareils, il n’en est rien pour les unités de transformation (Argonne, Aquitaine) , basées à l’étranger (Djibouti, Al Dahfra) ou au CEAM. En 2012 l’armée de l’air devrait avoir 240 avions de chasse en première ligne (en lente diminution avec le départ progressif des plus vieux appareils F1CR et CT), et la Marine trois flottilles, deux de 15 appareils Rafale et une de super Etendard rénové...

L'amortissemnt de la courbe des diminutions devrait aboutir à une dizaine d'escadrons de chasse et trois flotilles de la Marine ce qui constitue un net recule par rapport aux année 80 où plus de 40 escadrons de chasse, de bombardement et de Flottilles opéraient.

Insistons sur le fait que la disponibilité des appareils est voisine de 50 % ce qui siginfie que seule la moitié des avions en ligne est vraiment utilisable.

Notons par ailleurs que les vieux C135 ravitailleurs, qui constituent un élément dimentionnant pour les interventions extérieurs devraient être remplacés par des Airbus MRTT d'ici 2017.

 


 

Par Richard FEESER - Publié dans : histoire - Communauté : Aviation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Forum


Derniers Commentaires

Rechercher

Communautés

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés