Une fois de plus, le Tchad vient de vivre et de surmonter un épisode sanglant de la guerre des chefs, ou plutôt celui d’une mauvaise histoire de famille Bideyat où la lutte pour le pouvoir est toujours d’actualité. Il faut dire que les nouvelles richesses pétrolières du pays, plus que prometteuses dans cette terre jusque là oubliée, compliquent probablement les choses pour des dirigeants ayant parfois tendance à considérer le pays comme un butin de guerre, plutôt qu’une nation promise à la démocratie.

Pourtant des élections en bon ordre ont eu lieu, présidentielles et législatives, mais foi de Bideyat, de Zagawha ou autre, pourquoi ne pas l’emporter une fois encore par les armes ? Pourquoi ne pas chasser du palais ce président, pourtant si proche, mais qui aurait peut-être oublié les bons vieux principes de la famille africaine élargie ? Et pourquoi diable ne pas faire comme lui en son temps, utiliser la force pour arriver à ses fins ?

Il faut dire que, dès qu’un grief froissant l’honneur ou le portefeuille survient au sein d’une certaine élite locale, elle aurait tendance à prendre le maquis en désormais rebelle, avec armes, bagages, et téléphone satellitaire pour clamer ses rancoeurs vers le monde libre, depuis les hauteurs du Tibesti et d’ailleurs, entouré d’une poignée de fidèles armés jusqu’aux dents et prêts à tous les sacrifices...

Cette fois encore plusieurs de ces nouveaux rebelles (depuis 2005) venus du Soudan, autrefois généraux légalistes ou proches conseillers de l’actuel président, ont opté pour le scénario catastrophe des « libérateurs », qui consiste à « sauver le pays » en chevauchant l’une de ces mythiques Toyotas armées, ou plus exactement en guidant une colonne de plusieurs centaines de ces véhicules rapides comme le vent...

Étonnamment, ils ont bien failli réussir en ce début d’année 2008, en prenant tout le monde par surprise, jusqu’à venir faire le coup de feu en pleine ville de N’Djamena... aux marches du palais !

On a quand même un peu de mal à croire que personne n’avait rien vu venir, dans un pays où lorsqu’une fourmi marche dans le Nord, tout le Sud est au courant (et le pays est grand) ! On pourrait aussi tomber à la renverse, en apprenant que rien de moins que le propre neveu du Président Déby, Timane Erdimi (et son frère jumeau, dans ce cas peste et choléra), qui a si longtemps occupé les plus hauts postes à N’Djamena (directeur de cabinet du Président…), aurait trahi son leader africain d’oncle pour tenter de se mettre à son compte par coalition libératrice interposée. Et pourtant… !

 

C’était sans compter sur dame la chance et ses protecteurs de février 2008, qui ont aidé la République Tchadienne à mettre fin aux inutiles souffrances de son peuple, au prix de centaines de morts inutiles et certainement de secrètes rancunes.

 

La suite au prochain épisode, me diriez-vous ? A moins que, d’ici là, les uns et les autres, acteurs déterminés et égoïstes de ces aventures militaires d’un autre âge, n’aient enfin compris que le peuple tchadien n’aspire vraiment qu’à la paix. 

Aux dernières nouvelles les combats violents ont repris (1 et 2 avril 2008, on déplore la mort de nombreux enfants soldats...) à Adé, et les propres fils du Président Deby auraient envisagé de rejoindre tonton Timane... 


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