Malheur...

Le pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh, brûlé vif par le groupe djihadiste qui l'avait capturé en décembre, après l'écrasement de son avion en Syrie, a mis toute la nation jordanienne sur le pied de guerre derrière son roi Abdallah II qui a promis une «riposte sévère», en montant lui-même en première ligne des frappes aériennes de riposte, alors que l’aviation émiratie se mettait en retrait de la force internationale anti-Daesh, sans pour autant nous empêcher de continuer à utiliser ses bases. Il est clair que le message terrible délivré par la vidéo du pilote enflammé à mort aura été compris différemment par les nations arabes, soulignant la complexité de cette crise et l’extrême fragilité de leur résolution à combattre ce que nous considérons comme le mal absolu. J’ai pensé dès les premiers jours de notre engagement dans cette force aérienne que ce serait terrible de perdre un pilote victime du feu adverse, ou pire obligé de s’éjecter dans le camp des égorgeurs barbares. C’est malheureusement ce qui est arrivé à ce pauvre jordanien auquel nous pensons aujourd’hui, d’autant plus que nos Mirage 2000D sont basés désormais en Jordanie, plus près du théâtre d’action Syro-irakien. Dans quelques jours, les avions du porte-avion Charles de Gaulle entreront à leur tour dans la bataille, ce qui musclera sérieusement nos moyens et notre force aérienne dont on sait toute la qualité et la détermination. Ces combats, qui nous paraissent lointain, et où s’illustrent une fois de plus nos aviateurs, viennent à mon avis de prendre un tour nouveau avec cette réaction violente du roi de Jordanie qui a pris la tête de la contre-révolte arabe et où chaque pays de la zone devra clairement prendre position. En cela malheur est bon.

(Photo REUTER)

..... les Émirats sembleraient étudier le déploiement prochain d'un escadron de F16 en Jordanie en soutien du roi Abdallah

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