Ne mélangeons pas armée et école, armée et famille, ou armée et centre national de formation et de remise au pas laïque, et cessons de croire que ce qui n’est plus fait ici et là, par impossibilité ou renoncement, pourrait se faire ailleurs, dans un moule d’intégration qui mettrait tous nos jeunes dans un grand bain militaire, bleu blanc rouge, renommé pompeusement « service militaire obligatoire et universel ». Hélas, l’abandon du service militaire à la fin des années 90 pour mettre fin à un système dont les Français ne voulaient plus, coûteux, inutile pour les militaires et chronophage pour les conscrits, ne peut ni ne doit pas être pensé comme la solution à tous nos problèmes sociaux actuels. La solution est ailleurs dans la résolution urgente du « pas de travail, qu’on soit diplômé ou pas », dans la question de l’autorité confisquée aux parents et aux enseignants pour soi-disant laisser grandir nos jeunes « sans contraintes ni frustrations », en réalité livrés à eux-mêmes sur des flots agités, sans gouvernail ni boussole, et à qui il faut donner un cap et des valeurs à suivre. Le rétropédalage vers un service militaire qui serait formateur et correcteur ne répondra ni à ces questions éducatives et économiques, ni au désœuvrement dangereux de certains jeunes qui faute de bonnes perspectives se tournent parfois vers le pire et les commerces déviants et très rémunérateurs. Il ne résoudra pas non plus les questions d’intégration complexes que les évènements terroristes récents viennent de remettre en lumière et pour lesquelles les familles, les associations multiples, les responsables religieux, les formateurs et tous les acteurs sociaux doivent être écoutés et aidés.

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