Sale été pour l’aviation civile puisque plusieurs crashs aériens viennent d’arriver en quelques jours occasionnant la perte des appareils et de nombreuses victimes. Après l’atterrissage manqué d’un ATR72 à Taïwan, pris dans de très mauvaises conditions météo (vol Transasia GE222 - 48 morts et 10 survivants, île de Penshu), et la perte du vol MH 17 au-dessus de l’Ukraine (abattu par un SA-11), le vol AH-5017 (MD83, avion assez ancien affrété) d’Air Algérie a disparu dans la nuit du 23 au 24 juillet au-dessus du nord Mali, 50 minutes après son décollage de Ouagadougou vers Alger puis Marseille.

Remarquons que la période estivale à forte demande de transport aérien occasionne de nombreux affrètements dont celui-ci auprès d’une société espagnole, ce qui objectivement multiplie les incertitudes, même si l’excellente réputation de la compagnie algérienne concernée ne devrait pas être remise en cause.

Tandis que les recherchent de la zone du crash vont bon train, en particulier par plusieurs avions de chasse français, et sans doute beaucoup d’autres moyens (avions, satellites, drones…) plusieurs hypothèses commencent à être formulées : causes mécaniques, mauvaises conditions météorologiques avérées sur zone, collision en vol, autres...

Avec la crise malienne, la sensibilité de la région saharienne survolée nous amène naturellement à émettre aussi une hypothèse terroriste, en faisant le parallèle avec le vol UTA 772 détruit au-dessus du Ténéré, par une bombe chargée à N’Djamena, le 19/9/1989. Il y avait eu 170 victimes dont 54 français dans cet appareil en provenance de Brazzaville, qui avait fait escale à N’Djamena à destination de Paris.

L’idée d’un tir de missile du type SA-11 pour abattre l’appareil à son altitude de croisière (environ 10000 mètres) doit être écartée. L’’incertitude sur la trajectoire des avions de ligne et l’immensité de la zone désertique, libre de tout contrôle radar (sauf sur l’Algérie), rendrait très compliqué voire impossible toute mise en batterie d’un tel système sophistiqué, dont ne semblent pas disposer les groupes islamistes sur place (ces matériels étaient en nombre en Lybie et l’idée de leur détournement par des mains terroristes n’est évidemment pas exclus).

108 passagers et six membres d’équipage étaient à bord de l’AH-5017, dont de nombreux français. Nous pensons évidemment à eux.

Les premiers éléments donnés par le bureau enquête accident, sur lecture de l'une des boites noires, permettent de restituer la trajectoire de l'appareil et son effroyable descente jusqu'au crash, sans pour autant donner les causes de la perte de contrôle peu après avoir atteint le niveau de croisière. Les éléments MTO très défavorables ce soir là, et que devaient partager plusieurs autres avions traversant le front intertropical au même moment, sont l'un des nombreux facteurs contribuant à l'accident sans pour autant le justifier seuls.

Avril 2015:

Le bureau enquête analyse BEA vient de publier son rapport qui atteste que la perte d'altitude brutale, suivie d'une spirale engagée jusqu'au sol, aurait pour raison principale un givrage des sondes de pression conduisant le pilote automatique alors branché à réduire les moteurs et la vitesse jusqu'au décrochage sans que l'équipage ne comprenne vraiment ce qui se passe. Normalement un système de réchauffage des sondes en question doit être branché, ce qu'avait négligé de faire l'équipage qui a été incapable de réagir après le décrochage.

Plusieurs erreurs de pilotage menant au crash confirment l'amateurisme d'un équipage d'occasion et de plus fatigué par la surchauffe des mois d'été, en particulier son impossibilité à détecter puis à contrer le décrochage de l'avion. On a un peu froid dans le dos quand on lit les dernières conclusions du BEA !

Publié dans le rapport final en avril 2016: "Les capteurs de pression des moteurs ont été obstrués, vraisemblablement par des cristaux de glace et les systèmes d’antigivrage n’ont pas été activés par l’équipage, a affirmé le ministère malien des Transports, Mamadou Hachim Koumaré, lors d’un point presse.

Cause principale de l’accident, la non-activation du système antigivre a entraîné le décrochage de l’avion, la poussée des moteurs n’étant plus suffisante pour maintenir le vol à une vitesse de croisière."

Crash AH-5017 Air Algérie
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